Les dés roulent sur la table en Syrie. Dix jours après le début de l'offensive aérienne russe en Syrie, les Etats-Unis ont annoncé vendredi la fin de leur programme de 500 millions de dollars pour former et armer des rebelles syriens, le remplaçant par un autre, moins ambitieux et plus ciblé.

Washington reconnaît ainsi l'inefficacité de son programme qui devait former près de 5 400 combattants cette année et 15 000 dans les trois prochaines années. Comme le rappelle le New York Times, à un moment en septembre, seuls “quatre ou cinq combattants” entraînés dans le cadre de ce programme se battaient réellement en Syrie.

La Division 30 et ses soixante hommes à peine formés avait notamment subi un assaut meurtrier du Front Al-Nosra et cédé un quart de son armement au groupe lié au réseau Al-Qaïda.

“Le secrétaire d'Etat à la Défense Ashton Carter ordonne désormais au département de la Défense de fournir des armes et des équipements à un groupe choisi de commandants au profil validé et à leurs unités afin qu'au bout d'un certain temps, ils puissent mener une offensive concertée contre les territoires toujours contrôles par l'Etat islamique”, a indiqué un porte-parole du Pentagone.

Les Etats-Unis fourniront un appui aérien à ces unités, a-t-il ajouté.

Ce revirement de stratégie américain a été approuvé par le président Obama lors de deux réunions à haut niveau la semaine dernière. A ce moment-là, la Russie était engagée dans des frappes en Syrie dont il est apparu bien vite qu'elles devaient soutenir les forces de Bachar al-Assad. Les frappes russes ont atteint 60 cibles vendredi, selon Moscou, ce qui représente une intensification. Par comparaison, la coalition américaine n'a opéré que deux frappes en Syrie le 9 octobre, selon le Pentagone.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) affirme par ailleurs que l'Etat islamique a profité du chaos provoqué par les frappes russes sur d'autres rebelles pour avancer rapidement en direction d'Alep, sans être visé par les raids. Alep est cerné par les rebelles. Une seule voie de sortie existe au sud, pour l'armée syrienne.