Des femmes yézidies témoignent des atrocités qu'elles ont subies sous le règne de l'État islamique, dans un entretien accordé au journal l'Echo.


Il y a quatre ans, Daech s'attaquait aux Yézidis. À Mossoul, une prison avait servi de lieu de rassemblement pour des milliers de femmes et d'enfants. Ce qu'ils étaient pour leurs ravisseurs? Un butin de guerre. Dans un témoignage poignant accordé au journal l'Echo, une jeune Yézidie témoigne du calvaire qui la prive encore aujourd'hui de sommeil.

Vian, 28 ans, met aussi l'accent sur la collaboration plus que soutenue des femmes de Daech, dans les atrocités perpétrées. "Les femmes de Daech étaient souvent pires que les hommes", déclarent Vian et ses amies. "Un des hommes qui m’a achetée avait déjà deux femmes. Je devais m’occuper de tout dans la maison et lorsque je faisais quelque chose de mal à leurs yeux, elles me battaient. Si je pleurais, elles frappaient encore plus fort, et m’accusaient d’être une infidèle. Je suis restée prisonnière de ces femmes pendant un an. Lorsque leur mari s’est fait tuer, elles m’ont revendue", poursuit Jelan, 24 ans.

L'horreur sans nom, le quotidien de petites filles. À l'âge de 9 ans, certaines sont violées. C'était dans le marché de Rakka que les combattants de Daech venaient chercher des femmes et des filles Yézidies afin de souiller leurs corps et leurs âmes. Par deux, par trois, les djihadistes achetaient les femmes comme on achète un panier de légumes. "Les combattants les emmenaient dans la pièce à côté de la nôtre pour les violer. Certaines filles avaient à peine neuf ans. Elles hurlaient en pleurant ‘Help me’. Tous ceux qui en parlaient ou essayaient de s’opposer étaient roués de coups", ajoute Vian, qui se réveille toujours plusieurs fois par nuit, accablée par les angoisses.

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Aujourd'hui, l'État islamique a été défait de toutes ses possessions territoriales. Les médias ont largement relayé la fuite des femmes de Daech, notamment à Baghouz. Vêtues de noir, elles prétendaient vouloir "rentrer chez elles", tout en assumant leurs actes. Certaines ont même déclaré: "Allah est grand, l’Etat islamique ne disparaîtra pas". En Europe, pour certaines. Pourtant, d'après une Yézidie qui s'exprime auprès de nos confrères, les femmes de l'EI sont "par définition coupables d'actes de génocide, de crimes contre l'humanité, de viols collectifs, de crimes, de tortures et de conversion religieuse forcée".

"Dans de nombreux cas, c’étaient les femmes de l’EI qui maintenaient prisonnières les Yézidies. Certaines leur faisaient prendre une douche, leur donnaient des vêtements et des produits de maquillage avant qu’elles ne soient violées", affirme Pari Ibrahim, une Néerlandaise d'origine yézidie.

Pour rappel, les Yézidis sont une communauté ethnique et religieuse du nord de l'Irak. Ils sont environ 2 millions dans le monde et croient à l'ange paon Malek Taus. La communauté est le fait de persécutions depuis de nombreux siècles.