Près de 70 chefs d'Etat et de gouvernement, dont les présidents américain et russe, ont commémoré dimanche au pied l'Arc de Triomphe à Paris le centenaire de l'armistice, Emmanuel Macron les exhortant "au combat pour la paix" en refusant "le repli, la violence et la domination". Donald Trump, Angela Merkel, Vladimir Poutine, Benjamin Netanyahu, Recep Tayyip Erdogan, Justin Trudeau, Mohammed VI ont assisté peu après 11H00 à une grande cérémonie sous l'Arc de Triomphe, en haut de la célèbre avenue des Champs-Elysées, sous lequel gît le soldat inconnu et brûle perpétuellement sa flamme du souvenir, rappelant l'ampleur d'un conflit aux 18 millions de morts.

Alors qu'une pluie fine tombait, le groupe des chefs d'Etat ont d'abord pris place sous un abri au pied de l'Arc de Triomphe, survolés par des avions de la patrouille de France laissant un panache bleu blanc rouge. Donald Trump et Vladimir Poutine sont eux arrivés peu après, séparés du groupe de dignitaires qui avait remonté une partie des Champs-Elysées dans des cars.

M. Macron a ensuite entamé la cérémonie militaire autour de l'Arc de Triomphe avant de rejoindre une nouvelle fois les dignitaires pour la suite de la commémoration. Peu avant, les cloches des églises avaient sonné un peu partout en France.

Incident notable et rarissime, trois militantes Femen avaient auparavant forcé la sécurité pour s'approcher du convoi de Donald Trump, avant d'être interpellées.

Le dispositif de sécurité est massif, avec quelque 10.000 membres des forces de l'ordre qui quadrillent les points névralgiques des cérémonies à Paris. La dernière fois que Paris a accueilli autant de dignitaires remonte au 11 janvier 2015 après les attentats islamistes contre Charlie Hebdo et le magasin juif Hyper Cacher.

Le célèbre violoncelliste Yo-Yo Ma a interprété la Sarabande de la Suite n°5 pour violoncelle en do mineur de Jean-Sébastien Bach, et des lycéens ont ensuite lu des témoignages de 1918. La chanteuse béninoise Angélique Kidjo a également chanté en hommage aux troupes coloniales.

Le président français a prononcé un discours, conjuguant mémoire de la Grande guerre et affres contemporains. "Additionnons nos espoirs au lieu d'opposer nos peurs", a-t-il lancé aux 72 leaders mondiaux les exhortant au "combat pour la paix" en refusant "le repli, la violence et la domination", plaidant une fois encore pour une approche multilatérale de la gouvernance mondiale à l'heure où de plus en plus de pays semblent enclin à lui tourner le dos, au premier rang desquels, les Etats-Unis, première puissance du monde.

Puis, il a ravivé la flamme du Soldat inconnu, et les dignitaires ont ensuite convergé vers le palais présidentiel pour un déjeuner.

Après le déjeuner, certains dignitaires se rendront au Forum de Paris sur la paix, attaquant la deuxième partie de cette journée point d'orgue pour Emmanuel Macron, après une semaine de commémorations en France.