La NSA pourrait-elle capter les conversations téléphoniques stratégiques ou les SMS des ministres belges ? Les petits et grands secrets d’Etat de l’équipe Di Rupo pourraient-ils finir dans les rapports classifiés de l’espionnage made in USA ? Réponse : "Nous préférons ne pas répondre pour des raisons de sécurité" , déclare Guillaume de Walque, le porte-parole du Premier ministre. D’autres sources officielles s’en tiennent à la même réponse prudente. Pour rappel, la Sûreté de l’Etat prête aux Chinois la responsabilité d’une récente cyberattaque contre le cabinet d’Elio Di Rupo et les Affaires étrangères… Il y a donc bien un risque.

Toutefois, selon nos infos, le gouvernement ne protège pas les conversations de ses ministres. Certaines compétences le mériteraient sans doute : la Défense avec Pieter De Crem (CD&V), la diplomatie avec Didier Reynders (MR), les communications du Premier. Sans compter toutes les données budgétaires et financières sensibles dont le gouvernement pourrait être au courant…

Malgré ces domaines stratégiques pour le pays, les conversations et autres échanges via mobile des ministres ne sont pas cryptés et ne bénéficient pas d’autres protections que celle d’un simple mot de passe pour allumer le GSM. "Jamais entendu parler d’un tel cryptage" , affirme une source très proche du dossier. D’autres informateurs confirment que rien de spécial n’est prévu pour "brouiller" les communications ministérielles.

La Belgique est une cible

Autrement dit, si demain la NSA ou une autre agence du genre décidait de surveiller de près les affaires publiques belges, rien ne devrait la stopper. Maintenant, soyons aussi réalistes : est-ce que les Etats-Unis pourraient décider d’investir des moyens dans la surveillance des décideurs publics belges ? Notre pays n’est ni la Russie, ni la Chine, ni même l’Allemagne ou le Royaume-Uni. C’est vrai. Mais il accueille l’Otan, Bruxelles est la capitale de l’Europe et l’on prête généralement aux Belges un certain pouvoir d’influence sur les rouages des institutions de l’Union - Conseil européen ou Commission.

Par ailleurs, le territoire belge accueille le siège européen de multinationales, leurs succursales. Plusieurs entreprises d’envergure vivent leur vie en Belgique. Ne serait-ce que Belgacom, dont l’actionnaire majoritaire n’est autre que l’Etat fédéral. La concurrence internationale dans le domaine des télécoms pourrait avoir intérêt à savoir ce que le gouvernement a comme projet pour l’avenir de cette entreprise publique. Qui, d’ailleurs, aurait été espionnée par les Britanniques à partir de 2010.