La Mission de l'Onu en République démocratique du Congo (Monuc) a relevé une hausse "préoccupante d'incidents violents" depuis le lancement de la campagne pour le second tour de la présidentielle, a indiqué mercredi la Division droits de l'Homme (DDH) de la Monuc.

Depuis la mi-octobre, "de nombreux rapports reçus par la DDH font état d'une croissance préoccupante d'incidents de violence ou d'intolérance politiques", a déclaré Fernando Castanon, chef de la DDH de la Monuc, au cours d'un point presse à Kinshasa.

"A Lodja (centre), à Mbuji-Mayi (centre), à Lubumbashi (sud-est) et à Kindu (centre-est), a-t-il poursuivi, des actes de violence ont été posés contre des militants qui battaient campagne ou qui portaient des t-shirts à l'effigie de leurs candidats préférés", le président sortant Joseph Kabila ou le vice-président Jean-Pierre Bemba qui se retrouveront le 29 octobre au second tour de la présidentielle.

Les "actes d'intolérance" signalés vont "de l'arrachage de banderoles à la destruction, par un groupe armé, d'une antenne relais d'une station de télévision" appartenant à M. Bemba à Lubumbashi, a indiqué M. Castanon.

Lundi, six personnes ont été blessées à Lodja, au Kasaï oriental (centre) lors de heurts entre partisans des candidats, deux ex-belligérants de la dernière guerre sur le sol congolais (1998-2003).

Samedi, des incidents similaires avaient fait un blessé à Mbandaka, capitale de l'Equateur (nord-ouest) et fief de M. Bemba. Le même jour à Kinshasa, des militants du Parti lumumbiste unifié (Palu), qui soutient la candidature de M. Kabila, ont été pris à partie par des jeunes gens non identifiés.

La campagne présidentielle a démarré timidement et dans un climat tendu, en particulier dans la capitale où les troupes des deux candidats se sont affrontées à l'arme lourde du 20 au 22 août.

Le président sortant, crédité de 44,8% au premier tour contre 20% à M. Bemba, est le favori de ce scrutin crucial pour la paix et la reconstruction de l'ex-Zaïre.

La DDH "invite instamment les états-majors des deux camps, tant dans la capitale que dans les provinces, à apposer leur signature au bas de l'Acte d'engagement" pour le respect "des principes et normes en matière d'organisation des manifestations publiques", déjà signé par le ministère de l'Intérieur et de nombreux partis politiques.

Cet acte rappelle aux autorités politico-administratives "qu'elles ont l'obligation de respecter le droit d'organiser des manifestations", aux forces de police "qu'elles n'interviennent pour disperser les rassemblements qu'en cas de débordement ou de trouble grave" et aux organisateurs "qu'ils ont la responsabilité première d'encadrer les participants et de veiller au bon déroulement des rassemblements".