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"La Palestine est ressuscitée". Les quotidiens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est exultaient samedi au lendemain de la requête historique d'admission d'un Etat palestinien à l'ONU, saluant la détermination du président Mahmoud Abbas. "Président Abbas: c'est l'heure du Printemps palestinien... L'heure de l'indépendance", titrait à la une le journal de Jérusalem-Est, Al-Qods, au dessus d'une photo du dirigeant palestinien brandissant la lettre officielle de demande.

"La Palestine est ressuscitée", renchérit le quotidien Al-Ayyam, illustrant son titre avec le dessin d'un aigle --symbolisant "l'Etat de Palestine"-- prenant son envol. "Abou Mazen (le nom de guerre de Mahmoud Abbas) a prononcé un discours important et courageux à tous égards, en qualité de leader du mouvement de libération, de président du peuple arabe palestinien et d'homme d'Etat", estime Adel Abdelrahmane, éditorialiste du journal de l'Autorité palestinienne, Al-Hayat Al-Jadida.

Le président de l'Autorité palestinienne et chef de l'OLP jouit d'un vif regain de popularité en Cisjordanie depuis qu'il a tenu tête à l'administration Obama qui a tenté jusqu'à la dernière minute de le dissuader de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU.

A Ramallah, le siège de l'Autorité, les habitants rencontrés samedi matin se disaient fiers de la pugnacité de Mahmoud Abbas à la tribune de l'ONU mais craignaient des mesures de rétorsion israéliennes. Selon un sondage palestinien publié cette semaine, 78% des personnes interrogées s'attendent à des sanctions économiques et politiques israéliennes. 64% sont persuadés que Washington fera de même.

A Gaza, le Hamas, au pouvoir dans l'enclave palestinienne, a disqualifié le discours du président Abbas le jugeant "sans substance", tout comme le Jihad islamique.

Le Hamas et le parti Fatah de M. Abbas avaient décidé d'un commun accord de renoncer aux manifestations publiques pour ne pas envenimer leurs divisions. Dans la rue, en revanche, les opinions étaient plus partagées entre la satisfaction, pour beaucoup de Gazaouis et les partisans du Fatah, et l'indifférence pour les autres.