Les Palestiniens ont élu en masse mercredi un nouveau Parlement et le Fatah, le parti au pouvoir, s’est déclaré sûr d’avoir remporté le scrutin face aux radicaux du Hamas.

Les bureaux de vote ont fermé à 17H00 GMT en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, où le taux de participation a dépassé les 70%, a indiqué la Commission électorale centrale (CEC). Le dépouillement des voix a aussitôt commencé.

«Nous pensons que le Fatah a confortablement remporté les élections », a déclaré à des journalistes Mohammad Shtayyeh peu après la fermeture des bureaux de vote. «Nous sommes sûrs que le Fatah a remporté les élections avec un pourcentage (de sièges) qui lui permettra de former le gouvernement ».

Quelque 1,35 million de Palestiniens étaient appelés à voter à ce scrutin, le premier depuis une décennie, qui n’a été perturbé par aucun incident notable malgré le chaos sécuritaire régnant dans les territoires palestiniens et la forte rivalité entre le Fatah et le Hamas.

Les bureaux de vote ont fermé mais les électeurs se trouvant déjà à l’intérieur peuvent voter, a déclaré la porte-parole de la CEC, Roula Sarhan. Le vote a été prolongé de deux heures à Jérusalem-est occupée «car les restrictions israéliennes ont perturbé le processus électoral », selon elle.

Selon des chiffres de la CEC, le taux de participation dans la région de Jérusalem avait atteint 30% seulement à 14H00 GMT. Dans cette région, les Palestiniens votaient dans six bureaux de vote installés dans des bureaux de poste, sous forte surveillance policière israélienne.

Le leader palestinien Mahmoud Abbas a émis l’espoir en votant au QG de l’Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie que le scrutin se déroulerait «dans le calme ».

Comme tous les autres électeurs, M. Abbas a eu l’index de sa main gauche enduit d’encre indélébile, un procédé destiné à éviter les votes multiples.

M. Abbas a ensuite inspecté un bureau électoral dans une école de Ramallah, où il a cherché à apaiser les craintes israéliennes d’une possible percée du Hamas, qui prône la lutte armée.

«Les Israéliens ne doivent pas avoir peur mais au contraire ils doivent être contents car nous bâtissons une démocratie qui servira de base à la paix entre nous », a-t-il dit.

Israël craint une entrée en force au Parlement du Hamas, qui participe pour la première fois aux législatives. Le Fatah, le mouvement de M. Abbas, dominait le précédent Conseil législatif (CLP).

Le CLP issu du scrutin comptera 132 députés contre 88 pour la Chambre sortante, élue en 1996.

Le chef de file du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé en votant à Chatti, un camp de réfugiés de Gaza, que son mouvement ne désarmerait pas, même après son entrée au Parlement.

«Les Européens et les Américains affirment que le Hamas doit avoir soit les armes, soit le Conseil législatif palestinien. Mais nous disons, les armes et le Conseil législatif », a-t-il dit.

Les Etats-Unis ont qualifié ces législatives de moment «historique », tout en réaffirmant leur hostilité de principe au Hamas, qu’ils considèrent comme un groupe terroriste.

Près de Ramallah, à Kobar, le village de Marwan Barghouthi, populaire chef du Fatah emprisonné à vie en Israël qui conduit sa liste aux élections, l’unique bureau de vote a connu une forte affluence.

Aidée par l’un de ses fils, la mère de Marwan Barghouthi, Zouhriya, 76 ans, le visage mangé par les rides, a tenu à voter. «Bien sûr j’ai voté pour Marwan et j’espère qu’il va rentrer à la maison », a-t-elle confié d’une voix frêle.

Tout en assurant ne pas vouloir s’ingérer dans les élections palestiniennes, les responsables israéliens ne cachent pas qu’ils préfèrent le Fatah aux islamistes du Hamas.

«J’espère qu’après ces élections, Mahmoud Abbas disposera des forces parlementaires suffisantes pour constituer un gouvernement stable capable d’appliquer la Feuille de route », le plan de paix international, a affirmé le ministre de la sécurité intérieure, Gideon Ezra.