Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a exprimé samedi son indignation après les propos de Newt Gingrich, favori de la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine, qualifiant les Palestiniens de "peuple inventé".

M. Fayyad a réclamé de M. Gingrich qu'il s'excuse pour ses "remarques vulgaires, blessantes et ridicules", lors d'une rencontre avec des journalistes à Ramallah (Cisjordanie).

Il a estimé que ses propos "constituent une distorsion totalement inacceptable de la vérité historique", soulignant qu'en Israël "même les plus extrémistes des colons n'oseraient pas parler de façon aussi ridicule".

Dans une entretien accordé à la chaîne The Jewish Channel, Newt Gingrich, nouveau favori des sondages pour représenter le parti républicain à l'élection présidentielle américaine de 2012, avait affirmé :"Nous sommes en présence d'un peuple palestinien inventé, qui est en fait un peuple arabe, et qui faisait historiquement partie de la communauté arabe".

Le Premier ministre palestinien a conseillé au politicien américain --dont l'opinion reflète les vues des chrétiens fondamentalistes sionistes américains, un lobby actif auprès du gouvernement Netanyahu-- d'ouvrir un livre d'histoire. "Lui et ses ouailles devraient réapprendre l'histoire puisque, semble-t-il, la seule chose qu'il connaisse un peu est l'ère ottomane. La façon dont il falsifie des faits historiques est inacceptable", a jugé M. Fayyad.

"Notre peuple a été sur cette terre depuis le début. Et il est déterminé à le rester jusqu'au bout", a ajouté le Premier ministre palestinien, un modéré.

M. Gingrich, qui affronterait Barack Obama en novembre 2012 s'il remportait les primaires républicaines qui seront organisées dans chaque Etat au premier semestre, a confié que sa vision du monde était "assez proche" de celle du Premier ministre israélien de droite Benjamin Netanyahu.

Jusqu'aux années 1980, des dirigeants israéliens, en particulier le Premier ministre Golda Méir (de 1969 à 1974), niaient l'existence d'un peuple palestinien, une position que seule la droite la plus extrême continue à défendre de nos jours.