Le président François Hollande a rendu ce vendredi après-midi une courte visite à la paroisse Saint-Joseph d'Erbil, où des centaines de réfugiés sont abrités après avoir été chassés de leur ville de Qaraqosh. C'était l'une des haltes de sa visite en Irak. Le président français était accompagné du président kurde Massoud Barzani et de Laurent Fabius.

Lors de cette escale, un homme a brandi une pancarte jaune disant simplement ceci: “Nous demandons l'asile à la France, sauvez-nous”.

Ceci reflète bien l'état d'esprit dans lequel les habitants de la principale ville chrétienne se trouvent, un mois après avoir été chassés par l'Etat islamique. La plupart des réfugiés ne demandent qu'une chose : partir d'Irak. “Nous voulons aller n'importe où, mais pas en Irak”, dit un enseignant originaire d'un village chrétien au sud de Mossoul.. “Ils ont tout détruit. Les contacts que nous avons encore sur place nous le disent. Peut-être ont-ils laissé des pièges dans notre maison? ”

Laurent Fabius confirme que plus de 10000 Irakiens ont introduit une demande d'asile au consulat de France dans la capitale du Kurdistan irakien. “Pour le moment”, dit-il, “nous en avons accueilli physiquement une centaine. Nous allons en accepter plus mais en donnant la priorité à ceux qui ont des liens avec la France”. Quatre villes où des chrétiens irakiens sont déjà présents dans l'Hexagone sont privilégiées: Paris, Marseille, Lyon et Sarcelles. Mais, a-t-il ajouté, “ce n'est pas possible d'accueillir tout le monde”. Paris estime que la France ne peut pas accueillir toutes les minorités, et “vider l'Irak, ce qui serait une victoire du terrorisme”.

Le ministre français des Affaires étrangères a aussi confirmé que 20 à 25 pays, dont la Russie, avaient accepté de participer à la Conférence internationale que Paris met sur pied le 15 septembre sur l'Irak. Cette conférence aura trois objectifs : soutenir une solution politique avec “un gouvernement inclusif” à Bagdad, “discuter des mesures pour contrer le terrorisme de Daech” et travailler à la reconstruction du pays.

La France a par ailleurs confirmé sa participation à la coalition militaire internationale que les Etats-Unis tentent de mettre en place. Le président français François Hollande a annoncé vendredi l'établissement "d'un véritable pont humanitaire" pour les réfugiés irakiens qui souhaitent quitter leur pays.

"Nous allons poursuivre avec l'Europe notre aide aux réfugiés. Nous allons établir un véritable pont humanitaire et nous allons aussi traiter les cas les plus douloureux des familles qui ont des liens avec la France qui veulent venir pour un temps se réfugier auprès de leurs proches", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.