Dans la nuit new-yorkaise, à la lumière de puissants projecteurs, les sauveteurs ont commencé à fouiller les décombres des deux tours jumelles du World Trade Center à la recherche de survivants parmi les milliers de personnes qui se trouveraient ensevelies.

Quelque dix-huit heures après le double attentat qui a transformé en champ de bataille le centre mondial de la finance, les canons à eau des pompiers continuent à arroser les amas de ferrailles et de béton fumant.

Sur fond de ronronnement incessant des générateurs, les sauveteurs avancent au milieu d’une montagne de débris. Une épaisse couche de cendre et des milliers de feuilles de papier jonchent le sol, selon les premières images diffusées par des télévisions, dans une zone coupée du reste de la ville.

Une télévision a montré une colonne de sauveteurs spécialisés accompagnés de chiens pataugeant dans l’eau.

Au total, ce sont près de 2.000 sauveteurs - policiers, pompiers, médecins - qui s’affairent pour éteindre les incendies et rechercher les survivants à la lueur de puissantes lampes.

Les efforts de sauvetage ne sont pas ralentis par la nuit, mais par les incendies qui continuent à consumer les immeubles voisins des tours jumelles et qui risquent de s’effondrer à leur tour. «Nous avons fait venir des lampes. La zone est éclairée. Ce sont les incendies qui gênent nos efforts», a dit le maire de New York Rudolph Giulani.

Un premier signe d’espoir a redonné courage à des sauveteurs épuisés : deux personnes ont été sorties vivantes des ruines, a annoncé M. Giulani peu avant minuit. «Je ne sais pas dans quel état ils sont. Ils ont été hospitalisés», a dit le maire.

Il s’agit de deux policiers de l’Autorité portuaire. Certains seront peut-être sauvés grâce à leurs téléphones portables.

Lors d’une conférence de presse, M. Giulani a indiqué qu’au moins «deux personnes sous les décombres sont capables de communiquer avec nous grâce à des téléphones cellulaires et ils ont dit qu’il y en avait d’autres».

Mais des milliers d’autres sont prisonniers -vivants ou morts- sous des tonnes de béton, d’acier et de verre des 110 étages des deux tours qui dominaient le ciel de New York. «Mercredi, nous voulons trouver le plus de gens possible et nettoyer toute cette désolation», a dit M. Giulani.

Les autorités de la ville n’ont voulu donner aucun bilan, mais dans une allocution à la nation, le président George W. Bush a affirmé que «des milliers» de personnes avaient été fauchées dans cette attaque menée par des kamikazes qui ont jeté contre les tours deux avions de ligne détournés.

La police a coupé du reste de Manhattan tout le sud de la ville, au-delà de la 14ème rue, à trois kilomètres de la zone du World Trade Center.

A cette hauteur, sur la grande place de Union Square, plusieurs dizaines de New Yorkais ont improvisé dans la nuit une veillée à la mémoire des victimes. M. Giulani a appelé les New-Yorkais à rester chez eux mercredi et a indiqué que les écoles publiques et les aéroports de la ville seraient fermés jusqu’à nouvel ordre.