International C’est le conseil donné à Washington par le chef des forces de l’Otan.

Le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Curtis Scaparrotti, veut renforcer la défense ukrainienne face aux "activités agressives" de la Russie dans l’est de l’Ukraine et dans la mer Noire.

Les États-Unis ont déjà vendu des missiles antichar Javelin à l’Ukraine l’an dernier, mais "il y a d’autres systèmes, des fusils de précision, des munitions", que les États-Unis pourraient fournir à l’armée ukrainienne, a indiqué le général Scaparrotti au cours d’une audition devant une commission du Sénat américain.

" Il faudra peut-être aussi penser au détroit de Kerch et envisager peut-être aussi la défense navale à l’avenir ", a ajouté le général américain, en référence à l’arraisonnement fin 2018 de navires de guerre ukrainiens par la Russie en mer d’Azov.

La Russie "continue d’armer"

Cinq ans après l’annexion de la Crimée par la Russie, Moscou "ne respecte pas ses engagements des accords de Minsk", signés en 2015 pour ramener la paix, a-t-il rappelé. " La Russie continue d’armer des forces antigouvernementales en Ukraine, de les entraîner, de s’appuyer sur elles et de combattre à leurs côtés ." " Le conflit dans l’est de l’Ukraine reste brûlant, avec plusieurs violations du cessez-le-feu signalées chaque semaine ", a conclu le général Scaparrotti.

Les relations entre l’Ukraine et la Russie traversent une crise sans précédent depuis cinq ans. Après le soulèvement pro-européen du Maïdan en Ukraine et l’arrivée au pouvoir des pro-occidentaux, Moscou a annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée. Kiev et l’Occident accusent aussi Moscou de soutenir militairement les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine, une guerre qui a fait 13 000 morts depuis son déclenchement en avril 2014.

Les F-35 turcs à domicile

Questionné par ailleurs sur la volonté exprimée par la Turquie, qui est membre de l’Otan, d’acheter le système de défense anti-aérien russe S400, le général américain a réitéré la position du Pentagone, qui menace de bloquer en représailles la livraison des avions de combat furtifs F-35 vendus à Ankara.

"Le meilleur avis militaire que je puisse donner est que dans ce cas, nous ne pouvons pas permettre au F-35 de voler […] avec un système anti-missile russe", a-t-il indiqué.

Les États-Unis ont livré en juin 2018 leurs premiers F-35 à la Turquie. Mais ces appareils restent aux États-Unis pendant toute la formation des pilotes turcs, un processus qui peut prendre un à deux ans, selon le Pentagone. (AFP)