Invité mardi soir à s'exprimer au dîner annuel du Comité de Coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), le Premier ministre Yves Leterme a refusé de boycotter la conférence de Durban III qui s'ouvre ce jeudi à New York, comme l'avait demandé dans son discours le président du CCOJB, Maurice Sosnowski.

Au contraire, il a promis à la communauté juive que la diplomatie belge jouerait un rôle actif au sein de la conférence.

Steven Vanackere sera le seul ministre de l'Europe occidentale présent à cette conférence, dont les deux dernières éditions avaient été marquées du sceau de l'antisémitisme. Tous les grands pays européens (France, Royaume-Uni, Italie, Allemagne) la boycottent.

Durban III célébrera le dixième anniversaire de la « Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les diverses formes d’intolérance » qui s'était tenue à Durban (Afrique du Sud) en 2001. Durban avait été utilisée comme plateforme par plusieurs pays pour clouer Israël au pilori, ce qui avait entraîné le départ prématuré de la délégation américaine.

« D'aucuns ont, dès le début, voulu dévier du but (initial) pour faire de la conférence une arène d'imprécations et de haine contre un seul pays, Israël », a reconnu Yves Leterme, dans son discours à la CCOJB.

« Par leurs efforts diplomatiques, des pays occidentaux, dont la Belgique, ont pu obtenir en 2001 à Durban un texte de compromis. Mais les ennemis d’Israël ont continué à utiliser la tribune à mauvais escient. Ce fut le cas du discours inacceptable du président iranien à la conférence Durban II à Genève. Et cela sera encore le cas parce que par leur ouverture, les Nations Unies prennent le risque de la contradiction. », a-t-il ajouté.

Néanmoins, la Belgique ira à Durban III. « La Belgique n'y appliquera pas la politique de la chaise vide. Le ministre Vanackere y parlera au nom de notre pays. Sa voix, celle de la Belgique, écrasera celles des semeurs de haine », a dit M.Leterme.

Une gaffe?

Près de 300 personnes assistaient au dîner du CCOJB, dont une quarantaine de personnalités politiques belges. Parmi elles, une présence remarquée, celle d'André Flahaut, accusé d'antisémitisme par le CCOJB en 2008. La justice l'a blanchi en 2009.

Selon plusieurs participants à ce diner et le site Parlemento.com, Yves Leterme a également commis une gaffe politique en déclarant dans son discours officiel écrit que « je comprends ce qui inquiète la communauté juive, une communauté amie de notre pays ». Cette remarque laisse croire que la communauté juive ne fait pas vraiment partie de la Belgique mais qu’elle est seulement une autre « communauté amie ». Le texte officiel que La Libre a reçu ce mercredi ne mentionne pas cette phrase. Il parle de « la communauté juive de notre pays ».