Le président américain Barack Obama va se décider "prochainement" sur la vente d'armes à l'Ukraine, a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat américain John Kerry, soulignant que les Etats-Unis privilégiaient une solution diplomatique dans le conflit ukrainien. "Le président va décider bientôt", a déclaré M. Kerry, interrogé sur la livraison d'armes au cours d'une conférence de presse à Kiev. "Il passe en revue toutes les options. L'une de ces options est la livraison d'armes défensives", a-t-il poursuivi "car les accords de paix de Minsk" signés en septembre entre Kiev et les séparatistes avec la participation de la Russie et de l'OSCE "ne sont pas mis en oeuvre".

"Nous préférons évidemment résoudre (le conflit) par la voie diplomatique. Nous ne souhaitons pas la guerre par procuration, notre objectif est de changer le comportement de la Russie", a poursuivi M. Kerry.

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, présent à ses côtés, a pour sa part souligné que l'Ukraine devait "augmenter ses capacités de défense pour que la paix s'installe". "Le seul pays qui dément catégoriquement la présence russe sur le terrain (dans l'est de l'Ukraine, ndlr) est la Fédération de Russie, et personnellement Vladimir Poutine", a-t-il déclaré. "Je peux leur prêter mes lunettes", a-t-il ironisé en les enlevant devant les caméras.

Kiev avait fait savoir qu'il demandait des armes sophistiqués, comme "des outils de communication, de brouillage électronique ou des radars", selon le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine.

Un rapport indépendant, publié lundi par plusieurs groupes de réflexion américains, avait pour sa part évoqué des drones et des missiles anti-véhicules blindés, dont l'Ukraine manque cruellement. Washington étudierait également la possibilité d'équiper Kiev de puissants missiles antichar.

Les Etats-Unis avaient déjà accordé 118 millions de dollars d'aide militaire pour Kiev en novembre, mais ses livraisons se limitaient jusqu'à présent à des équipements dits "non létaux": gilets pare-balle, équipement médical ou radars. Une réponse positive des Américains risquerait cependant d'être interprétée comme une implication de Washington dans ce conflit par Moscou, et d'aggraver encore les relations russo-américaines, qui traversent leur pire crise depuis la Guerre froide. Des livraisons d'armes porteraient un "préjudice colossal" aux relations entre les deux pays, a ainsi averti jeudi le porte-parole de la diplomatie russe Alexandre Loukachevitch.