L'eurodéputé Louis Michel a dénoncé jeudi la dérive autocratique du gouvernement hongrois, qui a fait passer des réformes réduisant l'indépendance de plusieurs institutions démocratiques. Il a appelé à l'activation de l'article 7 du traité sur l'Union européenne (TUE), qui peut déboucher sur la suspension du droit de vote d'un pays. M. Michel a défendu cette position lors d'un débat sur la Hongrie en commission des Libertés civiles du Parlement européen.

Interrogé par l'agence BELGA, il s'est étonné de la faiblesse des réactions exprimées par les eurodéputés conservateurs face aux dérives du Premier ministre Viktor Orban, dont le parti est membre, comme eux, du Parti populaire européen (PPE).

Selon Louis Michel, "ce qui se passe en Hongrie est dramatique pour l'idée même du projet européen". "L'indépendance des juges, l'indépendance de la banque centrale, la liberté de la presse, le pluralisme des médias, la liberté de culte, la protection des minorités, la loi électorale, les conditions de l'alternance, en d'autres termes ce qui doit traduire nos valeurs communes sont concrètement remis en cause", a-t-il souligné.

Dans le passé, M. Michel s'était déjà illustré, quand il était ministre des Affaires étrangères, par son attitude très ferme à l'égard de l'Autriche au moment où le parti xénophobe de Jorg Haïder, le FPOe, avait accédé au gouvernement. Il avait été l'un des artisans de l'article 7 du TUE, prévoyant des sanctions à l'encontre d'un pays en cas de "violation grave" des valeurs européennes.