Emmanuel Macron a déposé plainte jeudi contre X pour "faux, usage de faux et propagation de fausse nouvelle destinée à influencer le scrutin" présidentiel.

" J’espère que l’on n’apprendra pas que vous avez eu un compte offshore aux Bahamas..." C'est l'une des nombreuses piques lancées par la candidate d'extrême droite Marine Le Pen à l'encontre d'Emmanuel Macron, leader du mouvement En Marche!, que vous avez pu entendre si vous avez assisté à cet ultime débat, retransmis mercredi soir sur TF1, France 2 et plusieurs radios françaises. Autant dire que la phrase n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd.

"Nous n'hésiterons pas à poursuivre en diffamation quiconque reprendra cette fausse information", a ajouté l'entourage de M. Macron, 39 ans, donné favori pour le second tour de la présidentielle dimanche. Le parquet de Paris a ouvert une enquête après cette plainte, a-t-on appris de source judiciaire.

Au-delà de cette allégation sérieuse, le camp FN n'a cessé d'entretenir le mystère autour de ce qui semble être une fake news.

Exemple avec Louis Aliot, vice-Président du Front national et compagnon de MLP. "Je ne sais pas, il y a deux sites américains aujourd’hui qui parlent d’une évasion fiscale de monsieur Macron, on verra ce que c’est. Sûrement que ça sortira aujourd’hui", a-t-il renchéri sur les ondes d'Europe 1.

Marine Le Pen avait aussi elle-même abordé le sujet lors d'un entretien sur BFMTV. "Est-ce qu’on va découvrir des choses peut-être trop tard qui concernent Emmanuel Macron ? J’ai posé la question à Emmanuel Macron. On n’a pas même plus le droit de lui poser des questions ?"

D'autant plus qu'un journaliste de la RTBF avait tweeté, peu après minuit, mercredi soir, ses soupçons quant à des sites d'informations russes qui entretiendraient ce mensonge avec de fausses preuves d'un compte en banque exilé.


Le camp d'Emmanuel Macron n'a pas souhaité laisser cette rumeur perdurer. Dès 6 heures, ce matin, il a déclaré dans un tweet vouloir porter plainte contre une "manipulation" du camp FN, qui aurait fait ressortir ces infos deux heures avant le débat, comme par hasard. Voici les déclarations du camp Macron: "En anticipant sur cette opération par la référence à peine voilée qu’elle y fait au terme d’un débat l’ayant vu épuiser une par une les attaques ad hominem à l’encontre d’Emmanuel Macron, Marine Le Pen a commis l ‘erreur insigne de se relier à cette manœuvre. (...) Il va de soi que toutes les suites judiciaires requises seront données à cette manœuvre et sont d'ores et déjà diligentées".

Le FN a déjà réagi, par la voix de son trésorier Wallerand de Saint Just: "C'est très bien qu'une plainte soit déposée, ça va permettre de parler de l'affaire".