Des familles des passagers du vol MH370 disparu le 8 mars exprimaient vendredi leur colère, après avoir été enjointes de quitter le jour même l'hôtel de Pékin où elles étaient logées depuis près de deux mois aux frais de la compagnie malaisienne.

"Malaysia Airlines nous a brusquement demandé de quitter les lieux. Je suis furieux", a indiqué Steven Wang. Sa mère était à bord du Boeing qui s'est selon les enquêteurs abîmé dans l'océan Indien mais dont la disparition reste mystérieuse.

"Ils auraient dû pour le moins nous donner une période d'ajustement, pour nous laisser le temps de nous préparer et de rassembler nos affaires", a-t-il déploré, interrogé par l'AFP.

La compagnie a annoncé tard jeudi qu'elle allait cesser de prendre en charge, à partir de mercredi, les frais de logement des proches des passagers hébergés par ses soins depuis près de deux mois, notamment à l'hôtel Lido de Pékin.

C'est dans cet hôtel qu'étaient régulièrement organisées à l'attention des familles chinoises des rencontres avec des responsables de Malaysia Airlines ou des autorités malaisiennes.

Ces rencontres ont été émaillées de crises de nerfs et d'incidents orageux avec les familles, dont bon nombre sont toujours convaincues que Kuala Lumpur leur cache la vérité depuis le 8 mars, jour où l'appareil à destination de Pékin a disparu des écrans radar civils. Il transportait 153 passagers Chinois, soit les deux-tiers des personnes à bord.

Dans un communiqué, la compagnie a indiqué jeudi qu'elle "recommandait aux familles de recevoir désormais les informations sur les opérations de recherche et l'enquête dans le confort de leurs propres domiciles".

"Nous nous sentons impuissants. Nous n'avons plus le choix, il nous ont ordonné de faire nos valises et de quitter l'hôtel", s'est désolé Wen Wancheng, dont le fils était à bord du MH370.

"Mes bagages sont prêts. J'imagine que je vais devoir partir bientôt" même si ce n'est "pas encore certain", a-t-il ajouté.

M. Wen a ainsi expliqué à l'AFP que les proches des passagers logeant à l'hôtel Lido avaient été enjoints de quitter les lieux d'ici 18 heures, heure locale, vendredi, mais qu'un petit groupe d'entre eux s'était élevé contre cette décision et espérait un report.

Néanmoins, toute manifestation ou action coordonnée de protestation restait improbable, a jugé M. Wen, estimant que les familles allaient "probablement partir progressivement", une par une, et non pas simultanément.

Des dizaines de policiers patrouillaient vendredi à l'intérieur de l'hôtel Lido, a observé un journaliste de l'AFP. Malaysia Airlines n'était pas joignable vendredi pour commenter ces réactions de proches.