Le leader de l'opposition, Ibrahim Mohamed Solih, a revendiqué la victoire dimanche à l'élection présidentielle aux Maldives, après une campagne controversée que des observateurs avaient qualifiée de truquée en faveur de l'homme fort de l'archipel, le président sortant Abdulla Yameen.

Selon les résultats des bureaux de vote, compilés par les chaînes de télévision privées, M. Solih était crédité d'environ 58% des votes alors que la grande majorité des bulletins avaient été dépouillés. "J'appelle Yameen à respecter la volonté du peuple et permettre un transfert pacifique du pouvoir", a déclaré M. Solih à la télévision nationale. "Le message est clair et net. Le peuple veut la justice et la stabilité, et nous veillerons à ce que ce soit le cas", a-t-il ajouté. 

Un groupe d'observateurs internationaux, qui s'était vu refuser l'accès au pays, avait prévenu samedi que le scrutin ne serait pas "libre et équitable" et prédit de "sombres événements". Seuls quelques journalistes étrangers avaient obtenu des visas pour couvrir l'élection. L'opposition avait accusé le pouvoir de chercher à limiter "l'observation indépendante du vote et de probables tentatives du président Yameen de le voler". 

La crispation du régime maldivien s'est intensifiée début 2018 avec l'imposition par le président de 45 jours d'état d'urgence, en opposition à une décision de la Cour suprême qui cassait les condamnations judiciaires d'opposants - et a dû revenir sur son jugement. Une "attaque en règle contre la démocratie", selon l'ONU.