Des manifestations de soutien aux Kurdes de Kobané, la ville du nord de la Syrie qui menace de tomber sous le contrôle des jihadistes du groupe Etat islamique (EI), ont eu lieu samedi en France et en Allemagne.

A Paris, plusieurs milliers de personnes -- 6.000 selon les organisateurs -- ont marché de la place de la République à la place de la Bastille derrière une banderole demandant: "Qu'est-ce que vous attendez pour agir? Un nouveau massacre?".

"Kobané résistera, le peuple vaincra", "Daech (autre nom de l'EI) no pasaran", pouvait-on lire sur plusieurs pancartes, tandis que de nombreux drapeaux rouges du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) étaient brandis par les manifestants.

Plusieurs personnalités d'extrême gauche ont appelé le gouvernement français à protéger le peuple kurde face aux jihadistes de l'EI.

A Lyon (centre-est), 200 à 300 personnes ont également manifesté pour "condamner l'hypocrisie des pays occidentaux, dont la France, à l'encontre des Kurdes de Kobané", selon Azad Dersini, porte-parole du "comité de soutien à la résistance de Kobané".

Les manifestants brandissaient des drapeaux du Kurdistan ou à l'effigie du leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan. Parmi les revendications exposées dans les tracts: livraison d'armes pour la résistance kurde, retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, reconnaissance d'un statut pour le Rojava (nom du Kurdistan syrien) libre et autonome.

Vendredi soir, quelque 400 manifestants s'étaient rassemblés à Bordeaux et une centaine à Bayonne (sud-ouest).

Plus de 20.000 personnes ont également manifesté samedi à Düsseldorf, en Allemagne, pays dont la communauté kurde est considérée comme la plus importante en Europe, suivie de la France.

Les manifestations prokurdes organisées pour réclamer un engagement plus ferme de la communauté internationale se sont multipliées depuis l'avancée mi-septembre sur Kobané des jihadistes d'EI. Ces derniers renforçaient samedi leur emprise sur une grande partie de la ville, défendue désespérément par des forces kurdes moins bien armées, l'ONU disant craindre pour la vie de milliers de civils.