Le futur exécutif européen, présidé par Jean-Claude Juncker, est désormais connu. Marianne Thyssen (CD&V) sera la nouvelle commissaire au Travail, aux Affaires sociales aux Compétences et à la Mobilité professionnelle. L'action de la Belge sera coordonnée par le vice-président Dombrovskis.

Le président du CD&V a directement réagi sur Twitter.

Marianne Thyssen "aura entre ses mains un très grand portefeuille social", a souligné M. Juncker lors d'une conférence de presse, non sans avoir ironisé sur la lenteur de la Belgique à présenter sa candidate, comme le signale notre journaliste Olivier le Bussy dans un tweet :

La Belge sera compétente pour la réforme du marché du travail, autrefois dévolue au commissaire aux affaires économiques. Mme Thyssen aura par ailleurs un rôle important dans le semestre européen de coordination des politiques économiques et sociales. A ce titre, elle "contribuera à mettre en place les recommandations spécifiques pour les pays", a souligné M. Juncker.

Dans un communiqué, Mme Thyssen s'est félicitée d'avoir obtenu un poste qui lui permettra de devenir le "visage social" de la Commission européenne. "Au cours des dernières années, l'Europe a mis de l'ordre, notamment dans le secteur bancaire et dans les budgets des Etats membres. Mais, en dépit de ce que disent souvent les critiques, l'Europe n'est pas en premier lieu préoccupée par les chiffres, mais bien par les gens. La prospérité et le bien-être des Européens sont la première priorité", a-t-elle fait valoir.

"J'aurai maintenant la possibilité d'en faire ma priorité personnelle. En collaboration avec les États membres et les régions, je veux créer les meilleures conditions possibles pour stimuler l'emploi et je veux également aider les personnes pour qu'elles puissent améliorer leur position sur le marché du travail. Voilà ce que j'entends par le progrès social", a-t-elle poursuivi.

Mme Thyssen sera auditionnée par la commission compétente du Parlement européen. "Les prochaines semaines, je dévouerai tout mon temps et mon énergie à la préparation de l'audition devant le Parlement européen", a-t-elle indiqué.


Les grands postes économiques pour France, Royaume-Uni et Allemagne

Sept vice-présidents sont chargés de piloter les priorités de l'UE : Frans Timmermans (Pays-Bas), Kristalina Georgieva (Bulgarie), Alenka Bratušek (Slovénie), Jyrki Katainen (Finlande), Valdis Dombrovskis (Lettonie), Andrus Ansip (Estonie) et Frederica Mogherini (Italie).

La France avec Pierre Moscovici aux Affaires économiques, le Royaume-Uni avec Jonathan Hill aux Services financiers et l'Allemagne avec Günther Oettinger à l'Economie numérique décrochent trois des grands postes économiques dans la nouvelle Commission.

L'ex-Premier ministre finlandais Jyrki Katainen sera chargé de "l'emploi et la croissance" tandis que le Letton Valdis Dombrovskis, partisan de l'austérité budgétaire, coordonnera les politiques de "l'euro" et du "dialogue social".

"Il coopèrera étroitement avec M. Moscovici", a souligné M. Juncker lors d'une conférence de presse. Il a jugé que M. Moscovici était "bien placé pour contribuer à résoudre" les problèmes de rigueur budgétaire, venant d'un pays confronté à ce problème.


Parmi les autres portefeuilles clés, l'espagnol Miguel Arias Canete décroche le Climat et l'Energie ; la suédoise Cecilia Malmström le Commerce et la danoise Margrethe Vestager la Concurrence. Le grec Dimitris Avramopoulos est lui nommé à l'Immigration et aux Affaires intérieures.

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Le futur exécutif européen comptera donc neuf femmes, soit autant que la Commission sortante. Sur les 28 commissaires, 15 appartiennent à la droite et au centre-droit, cinq sont des libéraux et huit des socialistes.

"La Commission européenne que je vous présente aujourd'hui est une Commission politique, dynamique et efficace, prête à donner un nouvel élan à l'Europe (...) c'est mon équipe gagnante" a lancé M. Juncker.

Cet exécutif doit incarner "une UE qui voit grand, pour résoudre les grands problèmes" et qui est "plus proche des citoyens, a-t-il ajouté.

Ses "grandes priorités" seront "la politique extérieure", avec notamment la crise en Ukraine, "la lutte contre la bureaucratisation excessive", "la croissance, l'emploi et l'investissement" ainsi que le "lancement d'une véritable union de l'Energie", a-t-il relevé.

Cette Commission doit être approuvée par le Parlement européen lors de sa session plénière d'octobre, avant d'entrer en fonction le 1er novembre, en succession à l'équipe de José Manuel Barroso.