La présence de plus de 100 000 Français sur le sol belge, principalement à Bruxelles et dans le Hainaut, constitue un beau réservoir à voix, et c’est Martine Aubry, le premier secrétaire du PS français, qui est venue lundi à Bruxelles pour piocher dedans.

Rencontre au 16, rue de la Loi avec "son ami " Elio Di Rupo, conférence de presse à la maison communale de Saint-Josse, puis meeting de soutien au "Claridge" Martine Aubry est venue défendre les couleurs du candidat François Hollande et proposer une autre politique sur l’emploi, sur la sécurité et sur l’Europe. Elle se rendra samedi à Moscou, avec le même but de séduire les Français de l’étranger...

Devant ses sympathisants bruxellois, Aubry a reproché au président français Nicolas Sarkozy " sa machine à promesses " et une furieuse habitude de faire une loi " chaque fois qu’il y a en France un viol, un meurtre" alors que dans le même temps "on a supprimé la police de proximité ". Le PS français propose de "reprendre la campagne" là où elle avait été laissée avant la cavale meurtrière de Mohamed Merah et revenir aux thèmes qui intéressent les Français : relancer l’économie tout en réduisant les dettes, améliorer l’accès à la justice, créer des emplois et des logements, mettre la finance "au service de l’économie et des peuples" .

Sur l’Europe, Martine Aubry veut " une autre direction ", pas en tout cas celle que " le couple infernal Merkel-Sarkozy" a imposée à une Grèce exsangue, dont la dette est passée de 250 à 355 milliards d’euros après l’aide européenne. Ce fut " une faute économique ", estime la socialiste française, que d’imposer une telle cure d’austérité à la Grèce. Hollande a promis, on le sait, de renégocier le pacte de stabilité budgétaire agréé par 25 pays européens. Il empêchera "les banques de spéculer sur les pays" , relancera le projet d’une agence de notation indépendante et fera voter la taxe sur les transactions financières.

Aubry a aussi promis l’indépendance de la Justice, écornant au passage l’attitude de Claude Guéant qui a joué "un rôle de chroniqueur judiciaire devant la maison du forcené " et prône l’indépendance des médias. " Avec François Hollande , promet-elle, il ne sera plus possible d’être propriétaire d’un grand média quand on dépend des marchés publics ", une allusion à TF1 et à son actionnaire Bouygues.

Laurette Onkelinx assistait au meeting, introduit par Philip Cordery, le secrétaire général du Parti socialiste européen (PSE), par ailleurs candidat aux législatives de juin. Car les ressortissants français seront sérieusement sollicités ces prochaines semaines avec les présidentielles (22 avril et 6 mai), puis les législatives (3 et 17 juin). Pour la première fois, ils pourront élire des députés pour la circonscription du Benelux. Près de 55 000 électeurs ont été enregistrés par le Consulat général de France en Belgique.

" Les Français de Belgique sont loin de ressembler aux images d’Epinal qui les dépeignent comme des exilés fiscaux, dit Philip Cordery. Il y en a bien sûr, et nous mettrons tout en œuvre pour rendre cet exil fiscal inutile, mais la grande majorité que je rencontre sont salariés, étudiants, retraités, indépendants, entrepreneurs, chômeurs, commerçants [ ] 1 % d’exilés fiscaux, 2,6 % de personnes vivant sous le seuil de pauvreté : voilà la réalité des Français de Belgique."