Massoud, mort deux jours avant le 11 septembre

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AFP

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Massoud, mort deux jours avant le 11 septembre
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Personne ne voit, le jour même de l’attentat suicide contre «le lion du Panchir», l’annonce d’une offensive terroriste qui allait ensanglanter le 11 septembre les Etats-Unis.

La réussite de l’attentat, commis par deux terroristes se faisant passer pour des journalistes marocains, est considérée ce jour là comme une grande victoire pour les talibans qui depuis cinq ans tentent de se défaire du commandant Massoud pour contrôler l’ensemble de l’Afghanistan. Le chef militaire de l’Alliance du Nord avait été repoussé dans le coin nord-est de l’Afghanistan et contrôlait à peine 10 pc du territoire afghan.

L’ami du commandant Massoud, aujourd’hui ambassadeur d’Afghanistan à New Delhi, Massoud Khalili est persuadé que les faux journalistes, morts lors de l’attentat, ont agi sur ordre d’Oussama ben Laden qui anticipait les conséquences des attentats du 11 septembre. Selon lui, l’élimination de Massoud permettait à la fois de tuer un allié potentiel des Etats-Unis et de «faire plaisir au mollah Omar», chef suprême des talibans.

C’est a posteriori que le lien a éte fait entre les deux événements commis par des kamikazes. Beaucoup ont estimé alors que la mort du commandant Massoud était le signe avant-coureur de la campagne anti-américaine d’Al-Qaïda.

SI PLUS DE JOURS S'ETAIENT PASSES ?

Selon le ministre afghan des Affaires étrangères, le Dr Abdullah Abdullah, à l’époque secrétaire particulier de Massoud, s’il n’y avait pas eu le 11 septembre, l’assassinat de Massoud n’aurait pas seulement signifié la fin de la résistance en Afghanistan, mais aurait aussi permis l’extension du fondamentalisme islamique aux pays voisins. «Si l’intervalle entre l’assassinat du commandant Massoud et le 11 septembre avait été plus grand, la situation aurait été totalement différente», a commenté M. Abdullah. «La résistance se serait écroulée en Afghanistan et les républiques d’Asie centrale auraient été extrêmement déstabilisées».

Beaucoup de débats ont eu lieu sur cet intervalle de deux jours. Selon le frère du commandant Massoud, Wali Massoud, qui était ambassadeur de l’Alliance du Nord à Londres, «la proximité des deux évènements est une pure coïncidence, mais le plan général, assassiner Massoud avant toute action terroriste hors de l’Afghanistan, n’est pas une coïncidence», estime-t-il.

Le Dr Abdullah lui aussi ne dresse pas de constat linéaire entre les deux événements dans la mesure où les talibans avaient déjà essayé d’assassiner Massoud à plusieurs reprises.

Après avoir fait retraite de Kaboul en septembre 1996, cela faisait cinq ans qu’il tenait tête aux talibans dans sa place forte montagneuse du Panchir, comme il l’avait fait face aux soviétiques quinze ans plus tôt. Il n’avait aucune intention de se rendre, de négocier ou même de s’enfuir à l’étranger comme le lui conseillaient ses amis, se souvient Wali. Il disait: «ces gens, ces étrangers, ces ennemis de l’Afghanistan ne pourront s’emparer de l’Afghanistan, un jour, ils seront vaincus», se rappelle son frère. C’est dans les ruines du World Trade Center que la prémonition du commandant Massoud s’est réalisée.

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