Le gouvernement de Theresa May a perdu sa majorité absolue. May n'a plus de chances d'obtenir les 326 sièges nécessaires au Parlement, confirment plusieurs médias ce vendredi matin.

C'est une échec personnel pour Mme May, qui avait convoqué ces élections législatives anticipées en comptant en obtenir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l'Union européenne.

Les Tories décrochent 314 sièges, contre 330 dans l'assemblée sortante, tandis que les travaillistes de Jeremy Corbyn gagnent 37 sièges, à 266 mandats, selon une estimation Ipsos/MORI à la fermeture des bureaux de vote à 21H00 GMT. Mme May disposait d'une majorité de 17 sièges dans le Parlement sortant.

Moins d'un an après le référendum pour la sortie de l'Union européenne, cette tenante d'un Brexit "dur" avait convoqué ces élections anticipées afin d'avoir les coudées franches pour négocier avec les 27 à partir du 19 juin. Mais les travaillistes de M. Corbyn, tenant de l'aile gauche et qui a mené une campagne jugée réussie, ont contrarié ces plans.

Cette projection a aussitôt provoqué une chute de la livre sterling à New York. Elle baissait face à la monnaie européenne, à 87,94 pence pour un euro, contre 86,90 la veille. Elle reculait également face au dollar, à 1,2745 dollar pour une livre contre 1,2962 la veille.

"Il semble qu'il va y avoir de l'instabilité et qu'il sera plus difficile pour le gouvernement britannique de négocier le Brexit avec une position ferme", relève Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

'Désastre pour May'

Si ces projections se confirment, les conservateurs auront le choix de composer un gouvernement minoritaire ou d'essayer de former une coalition avec un ou plusieurs autres partis. Dans les deux cas, les négociations pourraient durer jusqu'à plusieurs semaines, ce qui porterait un coup dur au calendrier du Brexit.

Pour Mike Finn, de l'université de Warwick, le Royaume-Uni s'expose "à une période de coalition ou à de nouvelles élections". Résultat: "toute l'approche du Brexit est remise en question."

A gauche, les indépendantistes écossais du SNP essuieraient de lourdes pertes, à 34 sièges contre 54 précédemment, selon les projections.

Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument et ouvertement europhile, gagneraient six sièges à 14 mandats. Les Lib-Dem ont prévenu jeudi soir qu'il n'y aurait "pas de coalition. Pas d'accord" avec les autres partis.

"C'est un désastre pour Theresa May. Son leadership est remis en question et elle sera sous pression pour démissionner si les résultats se confirment", a souligné Iain Begg, professeur à la LSE, à l'AFP.

Quant au SNP, "c'est assez catastrophique, c'est une très mauvaise nouvelle pour Nicola Sturgeon (la Première ministre écossaise, ndlr) et sa revendication d'un deuxième référendum" sur l'indépendance de l'Ecosse, selon l'expert.

Le résultat a pris de court analystes et partisans des Tories, alors que la plupart des sondages leur prédisaient une victoire assez nette. "Le grand pari de May échoue", résume le très conservateur Times dans un titre barrant sa une.

"C'est mon pire cauchemar qui devient réalité", affirme pour sa part Hélène Thomas, 36 ans, qui a suivi la soirée électorale dans un bar de Londres, où elle espérait célébrer la victoire de Mme May.

Après les surprises du Brexit et de l'élection de Donald Trump, "c'est la leçon des deux dernières années", estime Brian Klaas, de la London School of Economics. "Les électeurs n'aiment pas qu'on prenne leur vote pour acquis".

Theresa May avait convoqué le scrutin en avril, contrairement à ses engagements de ne pas écourter la législature, en espérant surfer sur des sondages créditant son parti d'une avance de 20 points sur le Labour.

Corbyn dit avoir "changé la politique, pour le meilleur"

Le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn a affirmé que sa campagne électorale "positive" avait "changé la politique, pour le meilleur", alors que les projections indiquent que le Labour a augmenté son nombre de députés.

"Quel que soit le résultat final, notre campagne positive a changé la politique pour le meilleur", a tweeté M. Corbyn dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon les premières projections, les conservateurs au pouvoir perdraient leur majorité absolue et le Labour (opposition) progresserait de 37 sièges.

De son côté, le numéro deux du Labour, Tom Watson, a souligné que "Theresa May est une Première ministre abîmée dont la réputation pourrait ne jamais s'en remettre".

Theresa May a perdu la majorité absolue dont elle disposait au Parlement, selon les premières estimations, un résultat choc qui plonge le pays dans l'incertitude à quelques jours de l'ouverture des négociations du Brexit.

Les Tories décrochent 314 sièges, contre 330 dans l'assemblée sortante, tandis que les travaillistes de Jeremy Corbyn gagnent 37 sièges, à 266 mandats, selon une estimation Ipsos/MORI à la fermeture des bureaux de vote à 21H00 GMT. Mme May disposait d'une majorité de 17 sièges dans le Parlement sortant.

Jeremy Corbyn a mené tambour battant une campagne électorale plus réussie qu'attendu, multipliant les meetings au contact des électeurs et exploitant plusieurs faux-pas de Mme May, notamment sur la protection sociale.

Déroute de l'Ukip et de son leader Paul Nuttall

Le leader de l'Ukip, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni, Paul Nuttall, n'a pas réussi à décrocher, jeudi, lors des élections législatives, un siège à la Chambre des communes. Dans sa circonscription de Boston et Skegness, dans l'est de l'Angleterre, il n'est arrivé que 3e. C'est le conservateur Matt Warman qui s'octroie la place de MP attachée à cette localité. L'Ukip, parti europhobe et anti-immigration, ne devrait d'ailleurs obtenir aucun siège à la chambre basse du parlement, selon les projections réalisées durant la nuit.

Il y a deux ans, la formation avait obtenu un siège. Son ancien leader, Nigel Farage, interrogé par les médias anglais au cours de la nuit, a estimé à propos de celui qui est déjà considéré comme le grand vainqueur du jour: "Je pense que si l'on a une coalition menée par (Jeremy) Corbyn, le Brexit est en danger". "Je n'aurai pas d'autre choix que de revenir" en politique active si c'est le cas, a-t-il lancé.