International La plupart des candidats tenaient meeting ce week-end. Chacun a marqué son territoire.

Cette fois, les chevaux sont lâchés. Ce week-end, rien moins que quatre des principaux candidats à la présidentielle avaient programmé une réunion officielle : Benoît Hamon était à la Mutualité, à Paris, pour son investiture officielle, tandis qu’Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen tenaient tous les trois un meeting à Lyon. L’occasion pour les uns et les autres d’affûter leurs stratégies - et de lâcher leurs coups.

Pour Benoît Hamon, c’était donc le grand jour : investi officiellement ce dimanche par sa famille politique, le candidat du Parti socialiste en a profité pour prononcer un discours-programme de plus d’une heure. Le député des Yvelines devait réussir un délicat numéro d’équilibriste : garantir l’unité de sa famille politique, tout en se présentant comme le candidat du renouvellement. Objectif plutôt atteint : d’un côté, le candidat a rendu hommage à certaines avancées initiées sous le quinquennat de François Hollande - le "Mariage pour Tous" mis en place par Christiane Taubira, les réformes menées par Najat Vallaud-Belkacem dans le domaine de l’Education. De l’autre, Hamon a voulu se projeter dans l’avenir, en se faisant l’avocat de la gauche alternative, celle qui défend un "autre modèle de société".


Autant dire que l’ancien ministre de l’Education piétine sans complexes les plates-bandes de Jean-Luc Mélenchon, qu’il devance désormais nettement dans les sondages. Avec Fillon, Mélenchon est indiscutablement le grand perdant de la séquence, lui qui s’imaginait volontiers ferrailler contre un Hollande ou un Valls, dont il aurait pu à loisir dénoncer la "dérive libérale".

Héritier des "Lumières"

Le représentant de la France Insoumise a tenté de se relancer. Mélenchon a fait un discours en chair et en os, à Lyon, et en même temps, sous forme d’hologramme à Paris. Un "coup de com", avec pour objectif de s’afficher comme le candidat de la modernité.


Dans un discours moins virulent qu’à l’accoutumée, Mélenchon a longuement évoqué le numérique et l’innovation technologique. Se posant en héritier des "Lumières", il a déroulé un argumentaire très pédagogique - aux accents parfois un brin scientistes - sur ce "nouveau monde" qui s’avance. Pas sûr cependant que cet argumentaire très didactique ait soulevé l’enthousiasme des foules.

A l’autre bout du spectre politique, Marine Le Pen tenait elle aussi tribune à Lyon, ce dimanche. La patronne du Front national s’en est tenue à ses fondamentaux : dénonciation de l’insécurité, de l’immigration massive, et de la "soumission" à l’Europe de Bruxelles. Elle a cependant placé la barre un peu plus à droite qu’à l’accoutumée - insistant davantage sur les questions sécuritaires et identitaires que sur l’économie. Une manière sans doute de grignoter l’électorat de François Fillon, désormais largement en déshérence.

Conseillère officieuse

Enfin, Emmanuel Macron tenait lui aussi meeting dans la capitale des Gaules, samedi. Plus de 8.000 personnes se pressaient, en un public composé presque autant de "fans" que de soutiens à son programme - pour l’heure toujours aussi évanescent. Sur les conseils de sa conseillère officieuse, Ségolène Royal, le leader d’En Marche avait souhaité faire un meeting au même moment, et au même endroit, où Marine Le Pen lançait officiellement sa campagne. Une manière d’installer dans les esprits, par-delà le clivage gauche-droite, un futur duel entre les "progressistes" et les "réactionnaires". Mais ce sera aux électeurs d’en décider.