Alors qu'un front républicain solide s'affirme en France pour faire face au Front national de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise), arrivé quatrième lors du premier tour de l'élection présidentielle, n'a pas donné de consigne de vote à ses électeurs. Une réaction assez critiquée par la plupart des représentants politiques présents sur les ondes françaises lundi matin. "En ne soutenant pas Macron face à Le Pen, Mélenchon en dit long sur son égo et son ambiguïté", a également commenté le ministre-président wallon Paul Magnette sur Twitter.

Le premier secrétaire général du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a lui estimé que "ne pas appeler à battre M. Le Pen est une faute et intenable quand on est de gauche".


Soutien d'Emmanuel Macron, Richard Ferrand s'est dit "déçu par Jean-Luc Mélenchon". "Il m'a donné le sentiment de rater une marche de l'histoire. Quand on est quelqu'un qui porte les idées qu'il porte, je ne comprends pas qu'on puisse hésiter une demi-seconde."


S'exprimant devant ses partisans, Jean-Luc Mélenchon a souligné dimanche qu'il ne disposait d'aucun mandat pour donner une consigne de vote aux "insoumis". Il a appelé son mouvement à rester groupé dans l'optique du second tour et au-delà. "Nous restons fidèles à la devise: Liberté, Egalité, Fraternité", a-t-il conclu devant ses supporters.

L'attitude de Jean-Luc Mélenchon tranche avec son positionnement de 2002, lorsque Jacques Chirac affrontait Jean-Marie Le Pen au second tour.

"Pas une seule voix ne doit aller à Marine Le Pen", a tout de même précisé Danielle Simonnet, coordinatrice du Parti de Gauche, au lendemain du premier tour sur Europe 1. "On a tous été, depuis toujours, des combattants de l'extrême droite", a-t-elle rappelé. "Nous avons engagé avec la France insoumise un mouvement citoyen qui accorde une importance fondamentale à la question démocratique. Nous appelons l'ensemble des insoumises et insoumis à se prononcer sur la plateforme quant à la stratégie à adopter au second tour."

Laurent Wauquiez (vice-président LR) avait lui aussi déclaré qu'il ne croyait pas aux consignes de vote, après la défaite de François Fillon dimanche. Lundi, François Baroin, un des plus proches soutiens du candidat de la droite, a clarifié sa position. "Je souhaite que mon parti ne mette pas sur le même plan la candidate de l'extrême droite, la candidate du chaos, de la disparition de l'Europe et des classes populaires et Emmanuel Macron." "Personne à droite ne veut du programme du FN, personne à droite ne veut de Marine Le Pen présidente", a-t-il affirmé sur Europe 1.