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L’Allemagne a mis son poids dans la balance, mercredi, en dépêchant une délégation de haut vol à Washington pour tirer au clair les allégations d’espionnage attribuées à l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine, dont le piratage du portable privé de la chancelière Angela Merkel.

Les médias allemands affirment que le téléphone de Mme Merkel a été espionné pendant près de dix ans et que le piratage n’avait cessé qu’il y a quelques mois.

Dans la délégation allemande à Washington figurent Christoph Heusgen, le conseiller diplomatique de la chancelière, et Günter Hess, le coordinateur des services secrets allemands. La chancellerie a précisé que cette visite n’était que la première d’une série. Le président du BND (le service secret extérieur), Gerhard Schinder, et le président de l’Office de protection de la Constitution (les renseignements intérieurs), Alexander Eisvogel, sont aussi attendus “dans les prochains jours à Washington. Entre espions : ces derniers rencontreront leurs homologues américains.

La première délégation allemande devait notamment rencontrer mercredi James Clapper, le directeur national du renseignement (DNI) américain. M. Clapper joue un rôle central puisqu’il coiffe les seize agences de renseignements américaines, dont la NSA.

L’audition de mardi

Mardi, face à la Chambre des représentants, James Clapper avait souligné que “connaître les intentions des dirigeants est un principe fondamental” des services de renseignement, sans reconnaître le piratage éventuel du portable de Mme Merkel. Il est indispensable pour nous de savoir où vont les pays, ce que sont leurs politiques, comment cela a des conséquences sur nous dans toute une série de domaines, avait-il ajouté. Le directeur du DNI a dit aussi craindre d’autres révélations d’Edward Snowden.

La délégation allemande suit les pas d’une délégation parlementaire européenne, conduite par l’eurodéputé allemand Elmar Brok. Mais elle est mieux au fait des matières d’espionnage, une prérogative nationale, ce que ne manque jamais de souligner le Royaume-Uni, partenaire des Etats-Unis.

Lors de l’audition de mardi, le patron de la NSA, le général Keith Alexander, a opposé un démenti absolu à une révélation précise des journaux “Le Monde” et “El Mundo”. Les deux médias, se basant sur des informations livrées par Snowden, avaient affirmé que la NSA avait espionné des dizaines de millions de communications téléphoniques en France et en Espagne. Ils n’ont pas, comme la personne qui a volé les données classifiées, compris ce qu’ils avaient devant les yeux” , a accusé le général américain. Selon lui, ces collectes de données ont été opérées par des “partenaires étrangers avant d’être partagés avec la NSA. C’est ce qui s’appelle renvoyer la balle.