L’impréparation des verts à gouverner l’Allemagne avec la droite semble conforter la chancelière Angela Merkel dans son intention évidente de forger une grande coalition avec les sociaux-démocrates. De 2005 à 2009, elle avait déjà gouverné avec eux et elle en a gardé un bon souvenir.

Les verts ont fait partie des vaincus du scrutin du 22 septembre, passant de 10,7 % en 2009 à 8,4 %. Plusieurs dirigeants ont annoncé leur départ, dont la coprésidente du parti Claudia Roth et les deux coleaders du groupe parlementaire, Renate Künast et Jürgen Trittin. Ce dernier avait été l’auteur du désastre électoral en se concentrant sur des hausses d’impôts mal vues.

Mais au lieu d’emprunter une voie pragmatique, les verts ont élu comme remplaçants des représentants de l’aile gauche et non pas des "realos" favorables à une alliance avec Merkel. Joschka Fischer, qui avait été le partenaire de Gerhard Schröder de 1998 à 2005, avait été taxé de "super-realo". Aujourd’hui, il manque aux verts un leader de la trempe de ce dernier.

Paradoxalement, Roth et Trittin ont participé à la première rencontre, jeudi, avec la chancelière préludant à d’éventuelles négociations gouvernementales. Un entretien préliminaire avec le SPD avait apparemment été plus concluant. Deux autres consultations auront lieu, ce lundi, avec le SPD et, mardi, avec les verts. Dans le courant de la semaine la chancelière, maître du jeu, dira avec qui elle voudra mener des négociations gouvernementales proprement dites.

Au cours du week-end prochain, SPD et verts soumettront le résultat des entretiens aux permanents du parti. En supposant que la chancelière opte pour le SPD et que les permanents donnent le feu vert, les négociations pourraient démarrer après la constitution du nouveau Bundestag le 22 octobre.

Selon ses proches, Merkel verrait dans les verts un élément "irrationnel" , la base pouvant à tout moment saboter le travail du gouvernement. Avec le SPD, le salaire minimum sera la majeure pomme de discorde. Il veut un salaire minimum légal de 8,50 euros par heure. Andrea Nahles, secrétaire générale du SPD, avertit : "Sans salaire minimum, pas de participation gouvernementale."