Des enquêteurs turcs ont découvert lundi un véhicule portant une plaque d'immatriculation diplomatique saoudienne abandonné dans un parking d'Istanbul dans le cadre de l'enquête sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, ont rapporté les médias turcs. La berline noire portant la plaque d'immatriculation diplomatique "34 CC 1736", a été retrouvée dans un parking souterrain à Sultangazi, un district situé dans le nord d'Istanbul.

Selon l'agence de presse étatique Anadolu, les enquêteurs ont demandé au consulat général d'Arabie saoudite ainsi qu'au parquet d'Istanbul l'autorisation de fouiller le véhicule.

La chaîne de télévision d'Etat TRT diffusait les images du parking bouclé par un cordon de sécurité de la police, ajoutant que le véhicule en question y a été abandonné dans les jours ayant suivi le meurtre de Khashoggi.

La TRT a par ailleurs publié la photographie d'un document qu'elle présente comme le certificat d'immatriculation du véhicule et qui indique que la voiture de marque Mercedes-Benz est enregistrée au consulat d'Arabie saoudite.

Elle ajoute en outre que les enquêteurs ont obtenu les images de vidéosurveillance d'un autre véhicule diplomatique saoudien effectuant un arrêt de quelques minutes dans ce même parking dans les jours ayant suivi le meurtre de Khashoggi.

Ce nouveau développement survient à la veille d'un discours du président turc Recep Tayyip Erdogan qui a promis des révélations.

D'après des responsables et des médias turcs, le corps du journaliste a été démembré après ce meurtre soigneusement prémédité et mis à exécution par une équipe de 15 personnes.

Après avoir dans un premier temps affirmé que Khashoggi avait quitté le consulat vivant, Ryad a reconnu que le journaliste y avait été tué, tout en affirmant qu'il s'agissait d'une "opération non-autorisée" par le pouvoir.

Les enquêteurs turcs sont à la recherche du corps de Khashoggi et ont notamment fouillé ces derniers jours la forêt de Belgrade, située non loin de Sultangazi.

Pour la Turquie, le meurtre de Khashoggi était "sauvagement planifié"

Le meurtre du journaliste saoudien a été "sauvagement planifié", a affirmé lundi un haut responsable turc, ajoutant que "des efforts conséquents" avaient été déployés pour le dissimuler.

"Nous sommes face à une situation qui a été sauvagement planifiée et des efforts conséquents ont été déployés pour dissimuler" ce meurtre, a déclaré lors d'une conférence de presse à Ankara Omer Celik, porte-parole du parti au pouvoir en Turquie (AKP).

"C'est un crime extrêmement complexe", a ajouté M. Celik. "J'espère que tous les éléments seront mis au jour et que les responsables seront punis, de sorte que ce genre de choses ne traversera plus jamais l'esprit de quiconque", a-t-il poursuivi.

Ces déclarations surviennent à la veille de révélations promises par le président turc Recep Tayyip Erdogan au sujet de cette affaire qui a choqué la communauté internationale et terni l'image du prince héritier du trône d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, dit "MBS".

Khashoggi, un journaliste critique du pouvoir saoudien âgé de 60 ans, a été tué le 2 octobre au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.

D'après des responsables et des médias turcs, le corps du journaliste a été démembré après ce meurtre soigneusement prémédité et mis à exécution par une équipe de 15 personnes.

Après avoir dans un premier temps affirmé que Khashoggi avait quitté le consulat vivant, Ryad a reconnu que le journaliste y avait été tué, tout en affirmant qu'il s'agissait d'une "opération non-autorisée" par le pouvoir, et dont "MBS" n'était "pas informé".

Mais la presse turque a démonté cette ligne de défense lundi. Le quotidien Yeni Safak, proche du pouvoir, a affirmé qu'un membre du commando ayant tué Khashoggi avait appelé à plusieurs reprises le directeur du bureau du prince héritier, Bader Al-Asaker après le meurtre du journaliste.

Lors de sa conférence de presse lundi, M. Celik a par ailleurs rejeté les "allégations" selon lesquelles l'enquête sur la mort de Khashoggi ferait l'objet d'intenses tractations entre Ankara et Ryad.

"Ces allégations sont contraires à l'éthique", a-t-il déclaré.