Les légumes et l’exercice physique seront-ils un jour aussi populaires que la marque Levi’s aux Etats-Unis ? Sur le modèle du "made in USA", le premier livre publié par Michelle Obama, paru en mai, s’appelle "American Grown", "Cultivés aux Etats-Unis". Il raconte l’histoire du premier potager de la Maison-Blanche, vante les produits locaux et une alimentation saine. En couverture, une First Lady tout sourire tient un panier débordant de salades, courgettes, et autres légumes.

Pour la rentrée scolaire, les assiettes des petits Américains illustreront le combat que mène depuis trois ans l’épouse du Président contre l’obésité infantile. Une nouvelle loi signée par Obama en 2010 impose des repas plus équilibrés dans les écoles publiques. Les plateaux devront comporter au moins un légume et un fruit, des céréales complètes, le lait sera écrémé et les cantiniers feront la chasse au sodium.

Cette législation marque la plus importante victoire de Michelle Obama. Une autre victoire est celle de sa popularité dans les sondages, après des débuts difficiles lors de la présidentielle de 2008, lorsqu’elle déclarait que "pour la première fois de sa vie adulte, elle était fière de son pays".

Première First Lady noire à occuper la Maison-Blanche, Michelle Obama jouit, à 48 ans, d’un taux de popularité de 64 %, contre 53 % pour son mari, selon un récent sondage Associated Press-GFK. Une affection toute partisane cependant, puisqu’elle n’est appréciée que par 38 % des Républicains selon une étude Gallup du mois de mai 2012, un score toujours meilleur que celui son mari (14 %).

Contrairement à Ann Romney, dont la tâche était d’humaniser son mari, Michelle Obama ne doit plus présenter son époux. Elle devait raconter hier comment l’homme qui occupe le Bureau ovale a forgé sa politique en faveur de la classe moyenne. "Vous savez, j’ai vu d’assez près et de manière personnelle à quoi ressemble le fait d’être Président", expliquait-elle le mois dernier en Floride. "Mais au bout du compte, quand le moment est venu de prendre cette décision, en tant que Président, vraiment, tout ce qui vous guide est votre vécu", martelait-elle, rappelant que Barack Obama est aussi passé par des moments difficiles. "Barack sait ce que ça veut dire quand une famille a des difficultés. Ce n’est pas abstrait pour lui."

Pour ne pas porter atteinte à son image rassembleuse, Mme Obama s’aventure rarement sur le terrain strictement politique. Sur l’avis de ses conseillers, elle est restée en dehors du débat houleux sur la réforme de la santé, contrairement à Hillary Clinton qui en avait été le fer de lance au début des années 90.

La Première Dame préfère faire passer le message auprès de son public cible, les femmes et les minorités, en utilisant les médias populaires, comme les magazines people et les programmes grand public, grâce à un savant mélange de proximité et de célébrité. Elle est l’invitée régulière des chaînes pour enfants et des émissions de télé-réalité. On l’a vue comme juge dans "Top Chef" et faire des pompes dans "The Biggest Loser", où des candidats en surpoids se lancent le défi de retrouver la ligne. La locataire de la Maison-Blanche partage ses recettes de cuisine sur les sites Internet Pinterest et Epicurious.com.

Un rôle qui ne semblait pas forcément taillé sur mesure pour cette ancienne avocate diplômée d’Harvard. "Elle est la Première Fashionista, la maman en chef, la Première Jardinière, la tante cool - elle est Oprah avec de beaux bras", déclare le professeur Robert Watson, un expert des First Lady à l’université Lynn de Boca Raton, en Floride. "Je ne sais pas si c’est de la publicité ou si nous voyons enfin la vraie Michelle. Quoi qu’il en soit, c’est très efficace."