Les travaux de construction d'un mur destiné à empêcher des migrants et réfugiés de s'introduire à bord de poids-lourds à destination de la Grande-Bretagne, vont commencer ce mois-ci, ont déclaré des autorités britanniques. Le ministre de l'Immigration, Robert Goodwill, a justifié devant les députés britanniques ce renforcement du dispositif de sécurité à Calais. Plusieurs milliers de migrants vivent dans un camp surnommé la "jungle" en attente de parvenir à effectuer la traversée vers le Royaume-Uni.

Face à cette situation, les habitants de Calais exigent depuis longtemps le démantelement complet de la jungle. Un agriculteur dont l'exploitation jouxte le bidonville explique son exaspération à FranceTVinfo: "La semaine dernière ils se sont battus à 500 dans mon champs de pommes de terres, donc aujourd'hui je n'ai plus de pommes de terre. Et on me dit que je n'ai pas d'assurance... Je fais quoi moi ?" De plus, les transporteurs routiers, régulièrement agressés par des passeurs qui tentent de faire embarquer des migrants dans leurs véhicules, manifestent de plus en plus leurs ras-le-bol ainsi que leur angoisse de devoir rouler la nuite sur les routes qui mènent au port de Calais. Ces derniers mois, on y dénombre de nombreux incidents.

Ce mur, devrait faire quatre mètres de hauteur et longer un tronçon d'un kilomètre de rocade. Il devrait être terminé à la fin de l'année. Il sera situé près de la jungle de Calais. Selon l'agence Reuters, il devrait coûter 17 millions de livres sterling (environ 20 millions d'euros) et sera intégralement pris en charge par Londres.


L'humanitaire français François Guennoc, interrogé par le Guardian et cité par le Huffington Post "ce mur, qui sera la dernière extension de clôtures déjà en place, va juste amener les gens à aller plus loin pour tenter de monter dans un camion. Lorsque vous mettez en place des murs partout dans le monde, les gens trouvent toujours des moyens pour les contourner. C'est un gaspillage d'argent. Et ce mur pourrait renforcer le danger pour les personnes, leur faire prendre plus de risques et faire monter les tarifs des passeurs".

Un Traité remis en cause

Le "Traité du Touquet" de 2003 entre la France et le Royaume-Uni est actuellement remis en cause par les Français. Les deux pays se dont mis d'accord pour contrôler côte à côte leurs frontières. Le Royaume-Uni a donc installé des gardes frontières à Calais. La France a fait pareil à Douvres.

A noter que ces accords avaient été ratifiés à l'époque par le ministère de l'Intérieur français, soit Nicolas Sarkozy. Ce dernier, actuellement candidat à la primaire de droite, veut renégocier les accords du Touquet et obliger les Britanniques à accueillir sur leur sol les demandeurs d’asile lors du traitement de leur dossier.