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Les militaires belges de cette équipe d'instructeurs baptisée "Operational Mentoring and Liaison Team" (OMLT) accompagnaient une compagnie afghane forte de quelque 80 soldats lors d'une opération de "présence" dans les environs de Kunduz lorsque leur colonne a été pris sous le feu d'insurgés, a indiqué une source militaire.

La compagnie afghane était équipée de véhicules de type Humvee, de grosses jeeps de construction américaine. Les militaires belges se déplaçaient à bord de deux blindés à roues "Dingo-2" et de trois véhicules LMV, dont un pour l'équipe de contrôleurs aériens avancés (en anglais "Forward Air Controllers", FAC) chargés de guider les avions de combat.

L'arrière du convoi a d'abord été visé, puis l'avant, avant que les tirs ne proviennent "de 360 degrés", a ajouté cette source, corroborant la thèse d'une attaque "bien coordonnée". La colonne a demandé le renfort d'avions de combat - d'abord des F-15 américains qui ont tiré au canon, puis des A-10 ayant largué des roquettes - et de troupes au sol. Les premiers renforts ont été fournis par une force de réaction rapide (QRF) afghane provenant du bataillon afghan "coaché" par les Belges et d'autres membres de l'OLMT. Eux aussi ont été attaqués, entraînant l'intervention d'une autre force, l'IRF ("Immediate Reaction Force") de l'armée allemande, présente en nombre dans la région.

Cette IRF a sécurisé la zone, permettant aux trois pelotons de l'ANA et à leurs instructeurs belges de regagner leur cantonnement de Kunduz après quatre heures d'affrontements, selon cette même source.

De source belge, on parle d'un à deux soldats afghans tués et de plusieurs blessés, qui ont été soignés à l'hôpital allemand de Kunduz, ainsi que de quatre morts parmi les insurgés. Un Belge aurait aussi été très légèrement blessé, alors qu'un véhicule LMV (une sorte de grosse jeep construite par la société italienne Iveco) a subi de "légers dégâts matériels", selon une autre source.

Selon le ministère afghan de la Défense, le bilan est de deux soldats afghans et de trois insurgés tués, de huit blessés dans les agresseurs, dont quatre ont aussi été capturés lors des "combats très intenses".

Le gouverneur de la province de Kunduz, Mohammad Omar, a pour sa part fait état d'un soldat afghan et de quatre talibans tués, dont l'un de leurs commandants locaux, Saikh Abdullah.

Selon lui, les insurgés talibans ont attaqué lundi après-midi un convoi de l'ANA à Gul Tapa, à la périphérie de la ville de Kunduz. "Malheureusement, un soldat a été tué et deux autres blessés dans l'attaque de l'ennemi", a affirmé M. Omar à l'agence de presse allemande DPA. Selon lui, cinq autres insurgés ont été blessés et quatre capturés.

La province de Kunduz, contrôlée par un contingent allemand de la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF, dirigée par l'OTAN), était considérée jusque récemment comme relativement calme. Elle a toutefois connu une recrudescence des attaques attribuées aux talibans au cours des derniers mois, au point de susciter l'inquiétude des pays présents militairement, dont la Belgique.

L'Allemagne est présente dans le nord de l'Afghanistan avec quelque 3.800 hommes stationnés notamment dans les provinces de Kunduz et de Baghlan.

Une centaine de militaires belges sont stationnés dans la région, à la fois au sein de cette OMLT chargée d'encadrer un "kardak" (bataillon afghan) - 69 personnes en tout - et au sein d'une "Equipe provinciale de Reconstruction" (PRT) dirigée par l'Allemagne, soit une bonne vingtaine de militaires.