Moi, ex-président, je redeviendrai un Français comme les autres.

Moi, ex-président, je verrai mon immunité pénale se terminer.

Moi, ex-président, j’irai de longues heures chez le juge sans rien lui cacher de l’agenda que j’amènerai sous mon bras.

Moi, ex-président, je me murerai dans le silence le temps qu’il faudra pour manquer à ceux dont je faisais les beaux jours.

Moi, ex-président, je regarderai de loin (et de haut) les candidats potentiels à l’élection présidentielle de l’UMP.

Moi, ex-président, j’attendrai tranquillement qu’on vienne me chercher en homme providentiel faute d’avoir trouvé un successeur à ma pointure.

Moi, ex-président, je pèserai l’opportunité de prendre la tête d’un fonds d’investissement qatari de 500 millions d’euros destiné à des investissements dans des pays émergents.

Moi, ex-président, je soufflerai le chaud et le froid, pour entretenir la flamme de mes fans et tester leur fidélité.

Moi, ex-président, je me délecterai du sondage affirmant que 51 % des Français pensent que j’aurais fait mieux que François Hollande.

Moi, ex-président, je lirai dans un jugement de la Cour européenne que condamner quelqu’un pour avoir écrit "Casse toi pov’ con" sur mon passage était "disproportionné".

Moi, ex-président, je laisserai "Mon Raymond" me ressembler.

Moi, ex-président, je retournerai chez le juge pour être confronté à mes contradicteurs.

Moi, ex-président, je m’interrogerai sur l’impartialité du juge qui me met en examen.

Moi, ex-président, je ne m’opposerai pas à la horde, ordurière parfois, qui se fait les crocs sur ses mollets.

Moi, ex-président, j’aurai, selon 63 % des Français, encore un avenir, même mis en examen.

Moi, ex-président, j’irai à Bruxelles remettre une légion d’honneur à un copain, comme au bon vieux temps, quand j’étais président.