La police de New York a annoncé mardi soir qu'elle avait ouvert une enquête après la mort du directeur de Sciences Po Paris, Richard Descoings, retrouvé nu en début d'après-midi dans sa chambre d'hôtel à New York.

"Il a été retrouvé mort aujourd'hui par un membre du personnel de l'hôtel à 13H00" locales (17H00 GMT), a déclaré le commissaire adjoint Paul Browne à l'AFP, précisant que sa chambre était "en désordre" lorsqu'il a été retrouvé. Le commissaire adjoint a précisé que M. Descoings avait été retrouvé mort, nu, "sur son lit".

Il s'est refusé à spéculer sur les raisons de ce décès, mais a ajouté que les enquêteurs "n'excluaient rien". Il a précisé que les enquêteurs enquêtaient sur "la possibilité que d'autres personnes se soient trouvées dans la pièce à un moment donné". M. Browne a précisé par téléphone que M. Descoings, 53 ans, était attendu mardi matin à une conférence à l'Université de Columbia et avait rendez-vous dans le hall de l'hôtel Michelangelo, dans le centre de Manhattan, à 9H00 locales (13H00 GMT) avec quatre collègues. Ces derniers ne le voyant pas venir, ont pensé qu'il était parti avant eux à la conférence, a-t-il précisé.

Mais M. Descoings n'était pas à la conférence, et ils ont alors demandé à l'hôtel de vérifier ce qui se passait. "A 9H00 l'hôtel avait vérifié et il dormait. A 13H00, il a été trouvé mort", a indiqué M. Browne.

Richard Descoings était le directeur de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris depuis 1996.

Il avait en quatre mandats profondément transformé l'institution de la rue Saint-Guillaume, la faisant passer de 4.500 à 10.000 étudiants et impulsant de nombreux changements: ouverture à des élèves venant de lycées de ZEP, création de six campus en province, ouverture aux étudiants étrangers (40% du total actuel), hausse des droits d'inscription tempérée par des bourses, création d'une école de journalisme, etc. Il avait détaillé cette action dans un livre publié en 2007, "Sciences-Po, de la Courneuve à Shanghai".

Brillant, inventif, parfois provocateur, M. Descoings prônait "l'innovation en permanence" et participait fréquemment aux débats sur l'ouverture sociale de l'enseignement supérieur, n'hésitant pas à bousculer d'autres grandes écoles françaises pour leur frilosité en la matière. Le président de la République Nicolas Sarkozy a rendu hommage à un "grand serviteur de L'Etat" après l'annonce de son décès. "Le président de la République tient à rendre hommage à la carrière exceptionnelle d'un grand serviteur de l'Etat, qui aura consacré toute sa vie à la cause qu'il s'était choisie et dont rien ne l'avait détourné: l'éducation", a écrit l'Elysée dans un communiqué.