Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans l'enclave palestinienne, a fait état de 25 morts, dont neuf enfants, dans des raids israéliens, en plus de 125 blessés. Le Jihad islamique, autre groupe armé, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès.

"Nous sommes dans la phase initiale de notre riposte contre des cibles militaires à Gaza", a prévenu mardi matin le porte-parole de l'armée Jonathan Conricus, rapportant la mort de 15 membres du Hamas et du Jihad islamique.

L'armée israélienne a frappé 130 cibles militaires, appartenant pour la plupart au Hamas, a précisé M. Conricus.

Les salves de roquettes tirées depuis le territoire palestinien constituent "une agression grave à l'encontre d'Israël, à laquelle nous ne pouvons pas ne pas répliquer", a-t-il affirmé.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a approuvé une demande de l'armée de mobiliser 5.000 réservistes, mais il n'était pas clair dans l'immédiat quand cette décision serait appliquée.

"Enfer" 

Selon un dernier bilan de l'armée, 300 roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël depuis lundi, dont plus de 90% ont été interceptées par le bouclier antimissile "Dôme de fer". De nombreuses autres roquettes sont tombées à l'intérieur de la bande de Gaza.

Mardi matin, des sirènes d'alarme continuent de retentir dans les localités israéliennes jouxtant Gaza. Les secouristes israéliens ont fait état d'une trentaine de personnes blessées, pour la plupart à Ashkelon, tout près de l'enclave.

La branche armée du Hamas a promis de faire de faire d'Ashkelon un "enfer" si les frappes israéliennes faisaient des victimes civiles à Gaza.

"Les Palestiniens finiront par gagner", a affirmé le chef du mouvement islamiste, Ismaïl Haniyeh.

Le Hamas avait menacé lundi après-midi l'Etat hébreu d'une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, où des heurts quotidiens opposant des Palestiniens à la police israélienne ont fait des centaines de blessés depuis vendredi.

Fait rare, les sirènes d'alarme des autorités israéliennes ont retenti lundi à Jérusalem même. Des dégâts matériels ont été constatés dans deux localités touchées par des roquettes à une quinzaine de km de la Ville sainte.

Violences à Jérusalem 

Les frappes israéliennes sur Gaza sont les plus importantes depuis novembre 2019.

"Israël réagira avec force (...), celui qui attaque en paiera le prix fort. Je vous le dis, citoyens d'Israël, le conflit actuel pourrait durer un certain temps", a prévenu tard lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant qu'une "ligne rouge" avait été franchie avec les tirs de roquettes en direction de Jérusalem.

Les raids israéliens sont "irresponsables, motivés par une volonté de revanche et des calculs politiques", a fustigé le chef de la Ligue arabe, Ahmed Abul Gheit, dénonçant une "démonstration de force au prix du sang d'enfants".

Enclave paupérisée de deux millions d'habitants, la bande de Gaza est soumise à un blocus israélien depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007. Depuis, le Hamas et Israël se sont affrontés dans trois guerres (2008, 2012, 2014).

Les échanges de tirs interviennent sur fond de violences à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville illégalement occupé et annexé par Israël selon le droit international.

Mardi matin, un calme précaire semblait être revenu dans la Vieille ville de Jérusalem et ses abords, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La veille, quelque 520 Palestiniens et 32 policiers israéliens ont été blessés dans de nouveaux heurts avec la police israélienne, notamment sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme.

Un Arabe israélien a en outre succombé à ses blessures par balle mardi en marge d'accrochages dans la ville de Lod (centre), a indiqué la police locale sans donner plus de détails.

Amnesty International a fustigé un usage "abusif" de la force par la police israélienne pour disperser "des manifestants palestiniens en grande partie pacifiques" lors de ces accrochages, les plus violents depuis 2017 à Jérusalem-Est.

L'une des sources de tension des dernières semaines est le sort de familles palestiniennes menacées d'expulsion au profit de colons juifs à Jérusalem-Est.

La situation a suscité de nombreuses réactions à l'étranger, de l'appel de Washington à la "désescalade" à la condamnation d'Israël par des pays arabes.

Des sources diplomatiques ont affirmé lundi à l'AFP que l'ONU, avec l'aide du Qatar et de l'Egypte, avait amorcé une médiation auprès des parties "concernées" afin d'obtenir une désescalade. Mardi, l'ONU s'est dite "profondément inquiète" de l'escalade.