Malgré un lockdown strict et une vaccination rapide, la situation reste préoccupante en Israël: "La troisième vague est plus complexe"

Comment expliquer ces derniers chiffres?

Malgré un lockdown strict et une vaccination rapide, la situation reste préoccupante en Israël: "La troisième vague est plus complexe"
©afp

Israël a beau être considéré comme le champion du monde de la vaccination , la situation sanitaire y reste très préoccupante. A tel point que l'hôpital Hadassah de Jérusalem est au bord de l'implosion. "La troisième vague nous frappe durement", a expliqué Claudia Foji, infirmière en soins intensifs dans cet hôpital, à la télévision Channel 12. "Cette vague est plus complexe. Les patients ont plus de complications. Les problèmes respiratoires sont plus complexes aussi. On voit la peur dans les yeux des patients", ajoute l'une de ses collègues qui avoue manquer de lits et d'équipement pour soigner au mieux les malades.

Quelle est la situation?

Selon le ministère israélien de la Santé, 30% des décès dus au Covid dans le pays sont survenus au cours du mois écoulé. Malgré un confinement strict, instauré le 27 décembre dernier, les contaminations et les hospitalisations restent sur un plateau.


Les interrogations sont d'autant plus pressantes qu'Israël est le pays qui vaccine le plus et le plus vite. Pour rappel, l’Etat hébreu a pu obtenir un gros stock du vaccin de Pfizer en échange du partage rapide de données sur le vaccin. A l'heure actuelle, les scientifiques estiment que 30% de la population a reçu une dose de vaccin et qu'ils sont 15% à avoir déjà reçu deux doses. Le pays est tellement avancé en matière de vaccination qu'il a déjà commencé le week-end dernier à administrer des doses aux adolescents.


Pourquoi une telle situation malgré le vaccin?

Pour certains, c'est le signe que les vaccins ne sont pas efficaces mais, bien entendu, ce n'est pas aussi simple. "Le vaccin fonctionne très bien", explique Hervé Bercovier, professeur de microbiologie à l'Université hébraïque de Jérusalem à France Info. Des études ont en effet montré que les contaminations baissaient déjà après la première dose, et encore plus fortement après la deuxième. De plus, les hospitalisations baissent chez les plus de 65 ans, qui sont nombreux à avoir reçu le vaccin. "Ces études montrent que le vaccin marche très bien chez les personnes âgées qui ont été les premières vaccinées. Cela tend aussi à démontrer une protection très élevée du vaccin", souligne-t-il. Anat Ekka Zohar, l'auteur d'une des études sur les contaminations après vaccin en Israël  va même plus loin. Selon lui, "l'efficacité du vaccin pourrait encore être supérieure à ce que pensait Pfizer." Mais alors, comment expliquer une telle situation sanitaire?

Pour le docteur Bercovier, la population israélienne n'est pas encore totalement protégée. "Tant que 80 à 90% de la population n'aura pas reçu ses deux doses de vaccin, en particulier les plus de 65 ans, on n'aura pas d'effet important". Selon le professionnel, interrogé par France Info, il ne faut pas s'attendre à une amélioration avant début février.

Comment expliquer les derniers chiffres?

Même si les bars, les restaurants, les centres commerciaux et les écoles sont fermés, le virus continue à se propager. D'autant que certaines communautés ne respectent pas totalement les mesures. Selon Cyrille Cohen , chef du laboratoire d'immunothérapie de l'université Bar-Ilan près de Tel Aviv, les juifs ultra orthodoxes et la population arabe ne respectent pas totalement les mesures. "Il y a chez eux un niveau élevé d'infections qui se répercute sur le reste de la population", souligne-t-il au Standaard.

Mais pour les experts, les effets bénéfiques de la campagne de vaccination et du dernier lockdown ont surtout été retardés à cause du variant britannique, plus contagieux. 40 à 70% des nouvelles infections sont ainsi dues à cette mutation du virus. "Nous sommes dans une guerre où nous avons peu de connaissances sur l'ennemi", a estimé Yoav Kisch, le vice-ministre de la Santé. "Nous devons constamment ajuster notre stratégie. Le virus utilise des tactiques et des méthodes que nous ne connaissons pas encore." Afin d'empêcher le variant de continuer à entrer dans le pays, Israël a décidé de fermer son aéroport international jusque fin janvier. Des postes frontières ont également été fermés. En se repliant sur lui-même, le pays espère avoir l'occasion de poursuivre sa campagne de vaccination sans que le variant britannique ne vienne trop ralentir ses efforts.