L’Otan va fortement augmenter les effectifs de sa mission d’entraînement en Irak

Les ministres de la Défense des pays alliés se sont entendus sur le besoin d’élargir les effectifs de cette mission.

L’Otan va fortement augmenter les effectifs de sa mission d’entraînement en Irak
©AFP

L’Otan va considérablement augmenter les effectifs de sa mission d’entraînement des forces irakiennes et élargir la gamme de ses activités, a annoncé jeudi le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg. Les ministres de la Défense des trente pays alliés ont décidé d’élargir les effectifs de cette mission, qui passeront d’environ 500 personnes à 4 000 et concerneront "davantage d’institutions irakiennes de sécurité", "également en dehors de la grande zone de Bagdad", a-t-il affirmé après une réunion ministérielle virtuelle de deux jours.

"Aujourd’hui, nous avons décidé d’élargir la mission de formation de l’Otan en Irak afin de soutenir les forces irakiennes dans leur lutte contre le terrorisme et de garantir que l’EI (le groupe djihadiste État islamique) ne reviendra pas. Notre mission passera de 500 à environ 4 000 personnes de manière graduelle", a précisé M. Stoltenberg au cours d’une conférence de presse en ligne.

Il a rappelé que cette mission était menée "à la demande du gouvernement irakien" et "en plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale" du pays.

"J’ai parlé cette semaine au Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi et je lui ai assuré que tout sera fait en totale concertation avec les autorités irakiennes", a poursuivi le secrétaire général. Il a rappelé que la présence de l’Otan était "liée aux conditions" sur le terrain, alors que cette mission avait été de facto suspendue l’an dernier en raison de la crise sanitaire causée par le coronavirus.

L’Otan reprendra ainsi, à la demande de Washington, une partie des activités de formation jusqu’ici menées sous l’égide de la coalition internationale anti-EI dirigée par les États-Unis.

Le Canada en a assuré le commandement au cours des deux dernières années et le Danemark lui a succédé à la fin de l’an dernier pour une période allant jusqu’à la mi-2022. La Belgique y participe, mais de manière symbolique.

Partira, partira pas d’Afghanistan ?

Par ailleurs, l’Otan n’a pas encore pris de décision finale sur le retrait de ses forces d’Afghanistan, en dépit de l’approche de l’échéance du 1er mai prochain fixée pour un retrait des forces étrangères de ce pays contenue dans un accord entre les États-Unis et les insurgés talibans signé en février 2020 à Doha (Qatar), a encore affirmé M. Stoltenberg. "Nous n’avons pas pris de décision finale sur notre présence. Mais avec l’approche de l’échéance de mai, les alliés vont continuer à se consulter étroitement et à se coordonner au cours des prochaines semaines", a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion virtuelle de deux jours des ministres de la Défense des trente pays membres pourtant annoncée comme "cruciale".

M. Stoltenberg a appelé les talibans - chassés du pouvoir à Kaboul après l’offensive américaine qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington - à négocier de "bonne foi" avec le gouvernement afghan, à "réduire le niveau de violences" et à tenir leurs engagements de cesser de coopérer avec les réseaux terroristes internationaux, dont Al-Qaïda.

"Nous mettons autant de pression que possible sur les négociations" entre le gouvernement de Kaboul et les talibans, a ajouté M. Stoltenberg, tout en déplorant la lenteur de ces discussions.

L’Otan dirige en Afghanistan une mission Resolute Support (RSM) chargée d’assurer la formation, le conseil et l’assistance au profit des forces de sécurité afghanes. RSM compte quelque 10 000 militaires, dont environ 2 500 Américains et une majorité de troupes européennes parmi lesquelles quelque 90 Belges.

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