Conflit israélo-palestinien : le gouvernement belge ne s'engage pas dans les sanctions mais approfondit la différenciation

Le gouvernement fédéral ne va pas s'engager dans la voie de sanctions dans le cadre du conflit israélo-palestinien mais peaufinera en revanche la politique de différenciation des produits issus des Territoires occupés, a-t-on appris mercredi à plusieurs sources à l'issue d'un comité ministériel restreint. La priorité demeure la désescalade après les flambées de violence des derniers jours. La question sanctions est écartée "pour le moment" et pourrait toutefois revenir si l'approche européenne se révélait infructueuse, précisait une troisième source.

Conflit israélo-palestinien : le gouvernement belge ne s'engage pas dans les sanctions mais approfondit la différenciation
©BELGA

La ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, a fait un debriefing à ses collègues de la réunion du conseil européen de la veille. Selon un communiqué diffusé mardi, la cheffe de la diplomatie belge y a "confirmé" qu'elle apporterait son "soutien plein et entier à toutes les initiatives diplomatiques bilatérales et multilatérales qui visent à mettre un terme aux hostilités", ce qui est "la priorité". Cela inclut le Quartet pour le Moyen-Orient, qui a "clairement un rôle à jouer". "Ce dernier doit être revitalisé, notamment au niveau ministériel, pour se saisir du problème rapidement", a appuyé la ministre. Il s'agira ensuite de s'attaquer aux causes sous-jacentes du conflit, entre autres aussi avec "les grands acteurs régionaux", a-t-elle ajouté. La ministre a également avancé une proposition concrète dont elle espère qu'elle "finira par trouver écho au sein du conseil": que l'UE identifie et évalue ses potentiels leviers d'action pour pousser les négociations de paix, "les mesures incitatives et dissuasives que nous pourrions mettre sur la table".

Le gouvernement entend par ailleurs travailler davantage, dans un deuxième temps, sur la politique de différenciation au niveau commercial entre Israël tel qu'établi dans ses frontières reconnues internationalement et les Territoires palestiniens occupés. En principe, les produits issus des seconds ne peuvent bénéficier du traitement avantageux de l'accord qui lie l'UE à Israël mais bien souvent il est difficile d'en distinguer la provenance.

Plusieurs partis ont réclamé ces derniers jours que la Belgique s'engage dans la voie de sanctions. Ils ont rappelé le contenu de l'accord de gouvernement qui n'évoque pas littéralement des sanctions mais des "contre-mesures", ce qui revient au même, faisait remarquer une source.

"Le gouvernement fera de nouveaux pas dans le sens d'une politique de différenciation bilatérale et multilatérale à l'égard des colonies israéliennes. Il travaillera au niveau multilatéral et de l'UE ou, le cas échéant, avec un groupe significatif d'États partageant les mêmes vues, sur une liste de contre-mesures efficaces et proportionnées en cas d'annexion du territoire palestinien par Israël et sur une possible reconnaissance en temps utile de l'État palestinien", dit l'accord de la coalition Vivaldi.

Lundi encore, la présidente de Groen, Meyrem Almaci, a plaidé pour des "sanctions ciblées", comme un boycott des produits issus des Territoires occupés.

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