Qui est ce religieux austère et ultra-conservateur annoncé comme favori à la présidentielle en Iran?

Ce religieux austère et ultra-conservateur se présente comme le champion des classes défavorisées et de la lutte contre la corruption. Portrait.

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AFP

Toujours coiffé de son turban noir et vêtu d’un long manteau de religieux, le favori de la présidentielle iranienne, Ebrahim Raïssi, est un homme austère qui se présente comme le champion des classes défavorisées et de la lutte contre la corruption. Chef de l’Autorité judiciaire, cet hodjatoleslam (rang inférieur à ayatollah dans le clergé chiite) de 60 ans, ultra-conservateur et sans états d’âme, est un partisan assumé de l’ordre.

Son slogan pour la présidentielle dont le premier tour aura lieu le 18 juin est celui de la "lutte incessante contre la pauvreté et la corruption".

Ces thèmes, qu’il avait déjà mis en avant en 2017, lui avaient permis d’obtenir plus de 38 % des voix, pas assez cependant pour empêcher la réélection au premier tour d’Hassan Rohani, tête d’affiche du courant dit modéré, à qui la Constitution interdit de se représenter cette année.

Né en novembre 1960 dans la ville sainte de Machhad (nord-est), M. Raïssi est nommé procureur général de Karaj, à côté de Téhéran, à seulement 20 ans, dans la foulée de la victoire de la Révolution islamique de 1979. Il restera plus de trois décennies dans le système judiciaire.

En 2016, le guide suprême Ali Khamenei le place à la tête de la puissante fondation de charité Astan-é Qods Razavi, qui gère le mausolée de l’Imam-Réza à Machhad ainsi qu’un immense patrimoine industriel et immobilier. Trois ans plus tard, il le nomme chef de l’Autorité judiciaire.

Sans grand charisme, M. Raïssi, barbe poivre et sel et fines lunettes, a suivi les cours de religion et de jurisprudence islamique de l’ayatollah Khamenei. Selon sa biographie officielle, il enseigne lui-même depuis 2018 dans un séminaire chiite de Machhad.

Plusieurs médias iraniens voient en lui le possible successeur du Guide suprême, qui aura 82 ans en juillet.

M. Raïssi est d’ailleurs membre du bureau directeur de l’Assemblée des experts, à qui il revient de nommer le Guide.

Pour l’opposition en exil, le nom de M. Raïssi reste associé aux exécutions massives de détenus marxistes ou de gauche en 1988, à l’époque où il était procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran. 

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