Deux militantes des droits des femmes libérées en Arabie saoudite, selon des ONG

L'Arabie saoudite a libéré deux militantes des droits des femmes détenues depuis près de trois ans, ont indiqué dimanche des ONG.

Deux militantes des droits des femmes libérées en Arabie saoudite, selon des ONG
©Shutterstock
AFP

"Samar Badawi et Nassima al-Sadah ont été libérées après qu'elles ont purgé leur peine", a tweeté le groupe de défense des droits humains ALQST, basé à Londres.

Samar Badawi et Nassima al-Sadah avaient été arrêtées à l'été 2018 avec une dizaine d'autres militantes pour des accusations liées à la sécurité nationale, jugées "opaques" par des ONG.

Les autorités saoudiennes, qui n'ont jamais communiqué sur les peines de prison auxquelles elles ont été condamnées, n'ont pas commenté publiquement dans l'immédiat ces libérations.

Les deux femmes "n'auraient jamais dû être emprisonnées et méritent justice (et) dédommagement pour leur détention arbitraire", a déclaré sur Twitter Adam Coogle, directeur adjoint du département Moyen-Orient de Human Rights Watch.

Amnesty International a également appelé le roi Salmane à "annuler l'interdiction de sortie de territoire faite" aux deux militantes mais aussi à "tous les militants pacifiques libérés".

Plusieurs militants libérés et des membres de leurs familles ont en effet toujours interdiction de quitter le royaume, selon des ONG.

En décembre, un tribunal avait condamné une autre militante des droits des femmes, Loujain al-Hathloul, à plus de cinq ans de prison en vertu d'une loi antiterroriste, une peine assortie d'un sursis qui a ouvert la voie à sa libération anticipée en février.

Mme Hathloul reste toutefois en liberté conditionnelle pour trois ans et ne peut quitter le royaume pendant cinq ans.

L'Arabie saoudite fait face à des critiques de l'administration du président américain Joe Biden concernant le respect des droits humains.

L'assassinat en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul, "validé" selon un rapport déclassifié des services de renseignement américains par le prince héritier Mohammed ben Salmane, a notamment terni l'image internationale de l'homme fort du royaume, qui mène en même temps réformes et répression de toute dissidence.

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