Tirs israéliens vers le Liban en représailles à des roquettes

L'armée israélienne a mené mercredi trois séries de frappes en direction du Liban voisin, en riposte à des tirs de roquettes sur son territoire, a indiqué l'Etat hébreu.

Tirs israéliens vers le Liban en représailles à des roquettes
© ABACAPRESS

En début d'après-midi, les forces israéliennes ont indiqué avoir mené des frappes d'artillerie vers le territoire libanais "pour la troisième fois en deux heures", après des tirs depuis le pays voisin.

Sur les trois roquettes tirées depuis le Liban, deux sont tombées en Israël et la troisième n'a pas traversé la frontière, a rapporté l'armée sans faire état de victime et sans préciser le lieu exact de la chute des projectiles.

Des sirènes alertant sur des tirs avaient retenti à Kiryat Shmona, Kfar Giladi et Tel Hai, des localités israéliennes situées près de la frontière.

Informés des tirs de roquettes, qui n'ont pas été revendiqués dans l'immédiat, le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, et le ministre de la Défense, Benny Gantz, coordonnent la réponse de l'Etat hébreu, a indiqué le bureau du chef de gouvernement.

Benny Gantz a demandé à ce qu'un "message ferme" soit adressé à la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban déployée dans le sud du pays à la frontière avec Israël, d'après le ministère de la Défense.

Présente au Liban depuis 1978, la Finul surveille depuis 2006 la frontière israélienne en coordination avec l'armée libanaise et veille à l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée après la guerre ayant opposé Israël au Hezbollah, mouvement armé libanais très influent dans le sud du Liban qui n'a pas commenté les tirs dans l'immédiat mercredi.

Le commandant de la mission onusienne, le général Stefano Del Col, a appelé "les parties" à "cesser le feu et faire preuve d'une retenue maximale pour éviter une escalade, particulièrement en ce jour d'anniversaire solennel", a indiqué la Finul dans un communiqué, au jour du premier anniversaire de l'explosion au port de Beyrouth.

Le 4 août 2020, l'explosion de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium avait fait 214 morts, plus de 6.500 blessés et dévasté plusieurs quartiers de la capitale du Liban, pays englué dans la pire crise socio-économique de son histoire.

"Menace sécuritaire"

Le maire de Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël, Avichaï Stern, a estimé qu'"il n'y a pas raison de paniquer" après les tirs de roquettes, indiquant toutefois sur les ondes de la radio militaire "être prêt à tous les scénarios".

Quatre personnes en état de choc ont été prises en charge par la Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Croix-Rouge, a indiqué cette organisation.

Le 20 juillet, l'armée israélienne avait déjà tiré en direction du Liban en riposte à des tirs de roquettes sur son territoire, non revendiqués.

Le ministre israélien de la Défense avait alors désigné le Liban comme "responsable des opérations terroristes à partir de son territoire". "Nous ne permettrons pas que la crise sociale, économique et politique au Liban se transforme en menace sécuritaire pour Israël", avait affirmé M. Gantz.

Avant cela, les derniers tirs de roquettes vers Israël en provenance du Liban avaient eu lieu en mai, en plein conflit entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste palestinien Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza.

Cette fois, l'Etat hébreu pourrait vouloir riposter de façon plus ferme pour "ne pas créer une situation où l'on s'habitue" à des tirs en provenance du Liban, relève Orna Mizrahi analyste à l'Institut national d'études sécuritaires (INSS).

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