Après des tirs de roquettes du Hezbollah libanais, Israël riposte par des frappes aériennes

Le Hezbollah libanais a tiré plus de 10 roquettes vers Israël vendredi, provoquant des tirs de représailles, une escalade majeure entre l'Etat hébreu et le mouvement chiite soutenu par l'Iran.

Après des tirs de roquettes du Hezbollah libanais, Israël riposte par des frappes aériennes
© AFP
AFP

La tension est montée après le tir d'une dizaine de roquettes, revendiqué par le Hezbollah, sur des territoires dans la région disputée du plateau du Golan occupé par Israël depuis 1967, au lendemain de frappes aériennes israéliennes sur le sud du Liban.

"C'est une situation très dangereuse, avec des actes d'escalade observés des deux côtés au cours des deux derniers jours", a averti dans un communiqué la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), qui a appelé à un cessez-le-feu "immédiat".

La Hezbollah a indiqué avoir "bombardé avec des dizaines de roquettes près des positions des forces d'occupation israéliennes dans la région des fermes de Chebaa", appellation libanaise de ce secteur.

Peu de temps après cette revendication, l'armée israélienne a déclaré avoir mené des frappes de représailles contre le Liban pour la deuxième journée consécutive.

Un correspondant de l'AFP dans le sud du Liban a constaté des tirs d'artillerie des forces israéliennes sur les fermes de Chebaa et à l'extérieur de la localité de Kfarchouba. La chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah a fait le même constat.

Jeudi, l'aviation israélienne avait revendiqué ses premiers raids aériens depuis des années au Liban, affirmant avoir visé des sites de lancement de roquettes après des tirs mercredi depuis le sud du Liban vers le nord d'Israël, n'ayant pas été revendiqués.

"Pas d'escalade"

Le commandant de la mission de l'ONU, le général Stefano Del Col, a affirmé être en contact avec les parties concernées, les appelant à "cesser immédiatement le feu".

Moins de deux heures après les tirs, Israël a affirmé ne pas vouloir d'"escalade", ajoutant toutefois être "prêt" à cette option.

"Nous ne voulons pas d'une escalade en vue d'une véritable guerre, mais bien sûr nous sommes prêts à cela", a déclaré à des journalistes Amnon Shefler, un porte-parole de l'armée israélienne.

L'aviation israélienne bombarde régulièrement des positions présumées du Hamas palestinien dans la bande de Gaza et mène aussi des frappes en Syrie voisine, où elle cible des positions de forces pro-iraniennes.

Ses dernières frappes aériennes connues au Liban remontent à 2014, avait confirmé jeudi à l'AFP l'armée israélienne.

Mais ces raids n'avaient pas ciblé des bastions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Les deux camps ennemis s'étaient livrés à une guerre meurtrière de 33 jours en 2006 ayant tué 1.200 Libanais, en majorité des civils, et 160 Israéliens, pour la plupart des soldats.

Une montée de tension entre les deux camps a eu lieu en 2019, lorsque le Hezbollah a pris pour cible un véhicule militaire israélien en représailles à deux attaques "israéliennes" le visant en Syrie et au Liban.

À l'époque, le mouvement chiite avait promis de répliquer à la mort de deux de ses membres lors d'un raid israélien près de Damas, accusant aussi Israël d'avoir lancé une attaque au drone dans la banlieue sud de Beyrouth, son principal bastion dans la capitale libanaise.

Fait aussi rare que surprenant, des habitants du village de Hasbaya au Liban-sud ont arrêté dans la foulée de l'escalade un camion transportant un lance-roquettes à plusieurs canons utilisé lors de l'attaque du Hezbollah, a indiqué à l'AFP une source militaire.

Dépêchée sur place, l'armée a confisqué le lance-roquettes, a ajouté cette source.

Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux montre des villageois en colère bloquant le passage du camion et accusant le Hezbollah de mettre en danger des vies civiles en lançant des roquettes à proximité de zones résidentielles.

Les échanges de tirs à la frontière libano-israélienne coïncident avec une recrudescence des tensions entre l'Etat hébreu et l'Iran dans la foulée d'une attaque meurtrière contre un pétrolier géré par la société d'un milliardaire israélien, en mer d'Oman.

Sur le même sujet