Près de 500 morts dans la prison djihadiste d'Hassaké, après l'attaque de Daech

Washington appelle ses alliés à "rapatrier d'urgence" les détenus de l'Etat islamique, leurs femmes et enfants du nord-est de la Syrie.

Près de 500 morts dans la prison djihadiste d'Hassaké, après l'attaque de Daech
©AP

L’attaque lancée le 20 janvier par Daech contre une prison djihadiste d’Hassaké dans le nord-est de la Syrie, reprise par les forces kurdes au terme d’intenses combats et de frappes de la coalition, se solde par un bilan humain effroyable d’au moins 495 morts.

Selon les Forces démocratiques syriennes (SDF en anglais), la force arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis, 374 détenus et assaillants ont péri, de même que 77 employés et gardiens de la prison, 40 soldats des SDF et 4 civils. Ce bilan reste provisoire car des corps continuent d’être identifiés dans l’enceinte pénitentiaire où s’entassaient près de 3 500 détenus liés à l’État islamique, originaires d’une cinquantaine de pays.

Par la voix de Ned Price, porte-parole au Département d’État, les Etats-Unis ont demandé lundi à leurs alliés qui ont des ressortissants dans les prisons et camps du nord-est de la Syrie de les « rapatrier d’urgence ». Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale, a appelé les alliés à s’unir pour résoudre ce problème. La plupart des pays européens ont refusé de rapatrier les hommes détenus dans ces prisons, sans offrir une alternative aux Kurdes qui les détiennent. Certains pays, dont la Belgique, ont commencé à rapatrier au compte-gouttes les femmes et enfants. Des pays comme la France n’ont ramené au pays que les orphelins.

"La barbarie des actions de l’État islamique durant cette attaque souligne pourquoi ce groupe doit ne pas pouvoir se régénérer et pourquoi les nations doivent travailler ensemble pour gérer les milliers de membres de l’EI détenus dans des conditions inadéquates", a déclaré Jake Sullivan.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, des gardiens de la prison ont été décapités et leurs corps brûlés par les assaillants, qui ont réussi à s’emparer de leurs armes.

L’attaque contre la prison de Ghwayran a été la plus importante offensive de l’État islamique depuis sa défaite territoriale en Syrie en 2019 face aux forces kurdes. Selon les SDF, cités par le Rojava Information Center, des informations livrées par des assaillants arrêtés et des documents retrouvés lors de la reprise de la prison indiquent que Daech avait pour objectif de lancer d’autres attaques de grande ampleur contre d’autres prisons à Shaddadi et à Deir ez-Zor, ainsi que contre le camp où se trouvent environ 70 000 femmes et enfants, afin de créer « un second Etat islamique ».

Selon des chiffres établis en 2020 par l’OCAM, 3 hommes de nationalité belge sont condamnés à mort et détenus en Irak et 15 hommes de nationalité belge sont détenus en Syrie. Entre 20 et 25 femmes étaient retenues dans des camps de réfugiés en Syrie, en plus d’une soixantaine de mineurs de moins de 12 ans. Depuis, le chiffre des femmes et enfants a baissé puisque six mères belges et leurs dix enfants, qui étaient détenus dans le camp d’Al-Roj par les autorités kurdes, ont été rapatriés en Belgique en juillet dernier par les Affaires étrangères.