Les talibans forcent les femmes à porter le voile intégral en public

Ils leur conseillent aussi de rester à la maison pour "éviter toute provocation".

AFP
Les talibans forcent les femmes à porter le voile intégral en public
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Les talibans ont fortement durci les restrictions à la liberté des femmes en Afghanistan. Dans un décret rendu public samedi, le chef suprême des talibans et de l'Afghanistan, Hibatullah Akhundzada, leur a ordonné de couvrir intégralement leurs corps et visage en public, estimant que la burqa, le voile intégral grillagé au niveau des yeux, était la meilleure option. "Les femmes qui ne sont ni trop jeunes ni trop vieilles doivent voiler leur visage, à l'exception de leurs yeux, selon les recommandations de la charia, afin d'éviter toute provocation quand elles rencontrent un homme." Et si elles n'ont pas de raison d'aller à l'extérieur, il est "mieux pour elles de rester à la maison".

Ce décret liste aussi les punitions auxquelles sont exposés les chefs de famille qui ne feraient pas respecter le port d’un voile intégral. Les deux premières infractions seront sanctionnées d’un simple avertissement. À la troisième, ils écoperont de trois jours de prison, et à la quatrième ils seront traduits en justice.

"L'islam n'a jamais recommandé le tchadri, a réagi une militante des droits des femmes, sous couvert d'anonymat. Les talibans, au lieu d'être progressistes, retournent en arrière. Ils se comportent comme lors de leur premier régime, ce sont les mêmes qu'il y a 20 ans."

Sous leur premier régime, les agents fouettaient quiconque était surprise sans burqa. De retour au pouvoir l’an dernier, les talibans avaient promis de se montrer plus souples. Mais ils ont rapidement renié leurs promesses. Les femmes sont désormais largement exclues des emplois publics ; il leur est interdit de voyager à l’étranger ou sur une longue distance dans le pays sans être accompagnées d’un membre masculin de leur famille ; les filles sont empêchées d’aller à l’école. Les talibans ont aussi imposé la séparation des femmes et des hommes dans les parcs publics de Kaboul, avec jours de visites définis pour chaque sexe.

Le décret de samedi pourrait compliquer un peu plus la quête de reconnaissance internationale des talibans, que la communauté internationale a liée au respect des droits des femmes.

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