Les électeurs libanais entre vote rejet et vote sanction

Selon les premières tendances, le Hezbollah chiite et ses alliés ne conserveraient pas leur majorité.

Les électeurs libanais entre vote rejet et vote sanction
©AP

Les élections législatives de dimanche n’avaient pas encore livré leur verdict définitif lundi en début de soirée mais les résultats partiels traduisaient déjà deux tendances claires : un vote rejet, avec une participation anémique de 41 % (contre 49 % en 2018), et un vote sanction pour les principaux partis de la majorité. Restait encore à apprécier l’ampleur de ce dernier après ce premier scrutin consécutif aux bouleversements causés par la crise économique et social aiguë que traverse le Liban. Deux ans et demi après le lancement d’un mouvement de contestation inédit qui a pris pour cible l’ensemble de la classe politique qui a mené le pays à la débâcle financière, près de deux ans après la cataclysmique explosion du port de Beyrouth qui l’avait mis en cause, le Hezbollah et ses alliés politiques étaient sur le point de perdre leur majorité (de 71 sièges sur 128) au parlement.

Après une campagne menée contre le "parti de dieu", principale formation chiite (soutenue par l’Iran) de la mosaïque confessionnelle au Liban, les Forces libanaises de Samir Geagea (appuyées par l’Arabie saoudite) étaient en mesure de devenir la première force politique chrétienne, revendiquant 20 députés (soit 5 de plus qu’en 2018), devant le Courant patriotique libre (16 sièges, contre 18) du président Michel Aoun, allié du Hezbollah. De quoi possiblement porter un coup à la succession du chef de l’État et aux ambitions de son gendre, Gebran Bassil, lors de l’élection présidentielle attendue en novembre prochain.

Les résultats, qui semblaient imprimer la même tendance qu’en Irak où les partis chiites pro-Iran ont aussi subi un sérieux revers, dépendent aussi du score des nombreux candidats indépendants et des formations nées de la contestation et se constituant en opposition aux partis traditionnels. Signe d’un changement encore timide, un de ces indépendants a d’ailleurs réussi à enlever un siège dans le Sud-Liban, fief historique du Hezbollah.