Leen Naïf, alias DJ Leen, a réussi à se faire un nom sur la scène musicale d'Arabie saoudite

La jeune femme de 26 ans profite du soutien des autorités saoudiennes, qui veulent redorer l’image de leur pays, régulièrement critiqué pour ses graves atteintes aux droits humains.

D'après AFP
Leen Naïf, alias DJ Leen, a réussi à se faire un nom sur la scène musicale d'Arabie saoudite
©AFP

Debout derrière sa table de mixage, des écouteurs autour du cou, DJ Leen jongle entre des morceaux de musique pop et électro, devant des étudiants conviés à une fête à Jeddah, grande ville de l'ouest de l'Arabie saoudite. "Beaucoup de femmes DJ ont émergé" ces dernières années en Arabie saoudite, explique Leen Naïf, de son vrai nom, assurant que le public est devenu "plus à l'aise" face à cette présence féminine.

Cette Saoudienne de 26 ans a réussi à se faire un nom sur la scène musicale de son pays. Elle a participé à de grands événements, comme le Grand Prix de Formule 1 de Jeddah ou l’Exposition universelle de Dubaï. Un parcours inattendu et une étape importante pour elle comme pour d’autres femmes DJ qui ont pu profiter, au cours de ces dernières années, des réformes menées par le prince héritier Mohammed ben Salmane pour ouvrir le royaume aux divertissements et casser son image de pays musulman austère.

L'organisation de concerts et festivals de pop ou de musique électronique animés par des DJ femmes, devant un public qui peut désormais être mixte, est un changement auquel "on ne s'attendait pas", se réjouit Mohammed Nassar, un DJ saoudien.

C’est à son adolescence que Leen Naïf a été initiée par un de ses oncles à la musique électronique et elle s’est très vite demandé si elle pourrait en faire un métier.

Elle a eu la chance, contrairement à d’autres femmes DJ, d’être aussitôt encouragée dans cette voie par ses parents et ses frères et sœurs.

Mais son rôle de DJ n'est pas du goût de tous et des remarques ont fusé. Comme lors d'un concert il y a quelques années, quand un homme s'est approché d'elle en lui disant qu'elle n'était "pas autorisée" à être derrière les platines. Ces plaintes ont conduit au retrait de la jeune fille de la scène.

Mais aujourd’hui une telle situation ne se répéterait pas, selon elle, et DJ Leen profite du soutien des autorités, qui veulent redorer leur image en donnant une vision moderne et féminisée de leur pays, régulièrement critiqué pour ses graves atteintes aux droits humains, comme la répression acharnée des voix dissidentes et de celles de plusieurs militantes féministes.