Nucléaire: l'Iran enverra d'ici minuit ses "propositions finales"

Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que son pays ferait part lundi de ses "propositions finales" sur le dossier nucléaire, après que, selon lui, les Etats-Unis ont accepté deux des exigences iraniennes.

Nucléaire: l'Iran enverra d'ici minuit ses "propositions finales"
©AFP

M. Hossein Amir-Abdollahian, cité par l'agence de presse officielle Irna, n'a pas précisé les exigences auxquelles il faisait allusion.

"La partie américaine a accepté verbalement les deux sujets (exigés par l'Iran). Nous enverrons nos propositions finales par écrit d'ici minuit" (19H30 GMT), a-t-il dit.

"Si nos propositions sont acceptées, nous sommes prêts à conclure (les discussions) et annoncer l'accord lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères", a indiqué M. Amir-Abdollahian.

Cette déclaration intervient au moment où les grandes puissances attendent une réponse de Téhéran à une proposition d'accord soumise le 26 juillet par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Interrogé à ce sujet lundi, le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price, s'est refusé à dire si les Etats-Unis étaient prêts à approuver le plan soumis par l'UE affirmant que Washington prendrait "contact avec M. Borrell comme ce dernier le lui a demandé", de manière privé.

"Ce qui pouvait être négocié a été négocié", a-t-il ajouté en réaffirmant la position américaine selon laquelle la balle est dans le camp de Téhéran. "La seule manière de parvenir à un retour mutuel au JCPOA (...) est que l'Iran abandonne ses demandes inacceptables qui vont bien au-delà de l'accord JCPOA", a-t-il encore dit.

Vendredi, l'Iran avait annoncé être prêt à accepter le texte final élaboré à Vienne pour sauver l'accord de 2015, connu sous l'acronyme anglais de JCPOA, à condition qu'il soit assorti d'un certain nombre d'assurances.

"Le JCPOA est le résultat de mois d'efforts de nos collègues du ministère des Affaires étrangères, qui peuvent certes présenter des défauts fondamentaux comme tout document. Mais ce qui compte pour nous, c'est l'assurance" que les sanctions qui frappent l'Iran soient levées, a ajouté le ministre.

Le porte-parole du département d'Etat a refusé lundi de se prononcer sur le fait de savoir si les Etats-Unis seraient prêts à mettre fin aux sanctions en cas d'accord iranien.

Après plusieurs mois de blocage, les diplomates de l'ensemble des parties (Iran, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) avec la participation indirecte des Etats-Unis sont revenus le 4 août à Vienne pour une énième tentative de sauver l'accord, sous l'égide de l'UE.

L'objectif des pourparlers est de remettre sur les rails le pacte, qui vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire de l'Iran, accusé de chercher à se doter de l'arme atomique malgré ses démentis.

Mais après le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord en 2018 sous Donald Trump et du rétablissement des sanctions américaines, Téhéran s'est progressivement affranchi de ses obligations.