"C'est historique": l'actrice iranienne Golshifteh Farahani interpelle les féministes du monde entier

L'actrice iranienne Golshifteh Farahani appelle les féministes du monde entier à réagir à ce qui se passe en Iran où la répression ne cesse de s'intensifier face aux manifestations qui secouent la République depuis le décès de la jeune Masha Amini.

"C'est historique": l'actrice iranienne Golshifteh Farahani interpelle les féministes du monde entier
©AFP

Exilée et bannie du régime iranien depuis 2008 pour avoir joué avec Leonardi Di Caprio dans le film Mensonges d'Etat de Ridley Scott, l'actrice iranienne Golshifteh Farahani prend ouvertement position sur la situation en Iran. L'actrice interpelle la communuaté internationale et lui demande d'agir et de soutenir le courage des Iraniens. Sur son compte Instgram, la jeune femme a publié une série de photos et vidéos montrant l'atmosphère de rébellion qui bouscule le pays. Elle écrit notamment sous une de ses publications : "La ville de Yazd : les femmes courageuses d'Iran. Avez-vous déjà vu des hommes applaudir des femmes comme ça ? Soutenir des femmes comme ça ? Et vous ? Avez-vous déjà vu des hommes se battre pour les femmes de tout leur cœur ? Se faire battre ? Se faire tuer, littéralement mourir pour les femmes ? Pour la liberté des femmes ? L'avez-vous vu ? C'est le mouvement le plus glorieux pour les femmes dans le monde, aussi loin que l'on se souvienne. C'est historique. Et quoi qu'il arrive, ces jeunes garçons et filles en Iran sont victorieux. L'Iran est victorieux."

Dans une interview accordée au média "L'Officiel", l'actrice explique que ce n'est pas la première fois que le gouvernement iranien tue des gens dans la rue. Elle relève cependant le point de basculement que constituent ces manifestations par rapport aux événements précédents. "Mais la principale différence cette fois-ci est que les gens ne protestent pas pour des raisons économiques. Ils ne sont pas là pour l'augmentation du prix de l'essence. Ils ne sont pas là pour les élections. Ils sont là parce qu'une jeune femme est morte à cause de son corps et de ses cheveux et ils en ont assez. Le peuple iranien en a assez !".

Depuis le décès de Masha Amini le 13 septembre dernier, les mots "vie, liberté et femme" sont à tous les coins de rue. Certains commencent même à crier haut et fort qu'ils souhaiteraient la chute du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Le gouvernement intensifie la répression et est accusé par le Conseil national de résistance d'Iran, une organisation d'opposition basée en France et en Albanie, d'être responsable de la mort de 200 personnes. Le bilan des arrestations monterait quant à lui à 10.000.