Manifestations en Iran: la répression en faiblit pas, près de 100 personnes tuées

La répression continue en Iran où une centaine de personnes ont perdu la vie dans les manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini, 22 ans.

AFP
Manifestations en Iran: la répression en faiblit pas, près de 100 personnes tuées
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Près de 100 personnes ont été tuées en Iran par la répression des manifestations qui ont éclaté il y a deux semaines après la mort de Mahsa Amini, 22 ans, arrêtée par la police des mœurs, a indiqué dimanche l’ONG Iran Human Rights (IHR).

Basée à Oslo, IHR s’efforce de documenter les manifestations malgré les coupures d’Internet et les blocages d’applications comme WhatsApp ou Instagram et d’autres services en ligne en Iran.

Des rassemblements de solidarité avec les femmes iraniennes, qui brûlent des foulards en signe de protestation, ont depuis eu lieu dans le monde entier, notamment samedi dans plus de 150 villes (ils étaient plus de 2 000 dans le centre de Bruxelles).

Le sud-est s’embrase

Téhéran est également confronté à des troubles dans le sud-est du pays, où cinq membres des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne, ont été tués lors de violences vendredi à Zahedan, capitale de la province du Sistan-Baloutchistan.

Cette province frappée par la pauvreté a souvent été le théâtre d’affrontements avec des rebelles de la minorité baloutche, des groupes extrémistes musulmans sunnites et des gangs de trafiquants de drogue.

Mais un prédicateur musulman sunnite, Molavi Abdol Hamid, a déclaré que la communauté était "enflammée" après le viol présumé d'une adolescente de 15 ans par un responsable de la police dans la province, dans un message publié sur le site internet du religieux la semaine dernière.

L'IHR a accusé les forces de sécurité iraniennes d'avoir "réprimé dans le sang" une manifestation vendredi après les prières à Zahedan, à la suite de ces accusations. "Les meurtres de manifestants en Iran, notamment à Zahedan, constituent un crime contre l'humanité", a déclaré le directeur de l'IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam : "La communauté internationale a le devoir d'enquêter et d'empêcher que d'autres crimes ne soient commis par la République islamique".

L’Iran a imputé la responsabilité des manifestations dans le pays à des forces extérieures, notamment à son ennemi juré, les États-Unis, ainsi qu’aux alliés occidentaux de Washington.

Le ministère iranien du Renseignement a déclaré vendredi que neuf ressortissants étrangers - notamment de France, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas et de Pologne - avaient été arrêtés en lien avec les manifestations, ainsi que 256 membres de groupes d’opposition illégaux aux yeux de Téhéran.

Par ailleurs, plus de 1 200 manifestants ont été arrêtés depuis le début des protestations, d’après un bilan officiel. Des militants, des avocats et des journalistes ont également été interpellés, selon des ONG.

Dans une rare concession, Téhéran a autorisé un Irano-américain détenu en Iran depuis 2016, Baquer Namazi, 85 ans, à quitter le pays, et a libéré son fils, un homme d’affaires de 50 ans arrêté en 2015. À la suite de cette libération, l’Iran attend désormais le déblocage d’environ 7 milliards de dollars de fonds gelés à l’étranger, a indiqué dimanche un média d’État.