Nika Shakarami, cette adolescente iranienne décédée de manière suspecte lors des manifestations en Iran

L'Iran est le théâtre d'affrontements violents entre la population et les forces de l'ordre depuis plusieurs semaines. La jeune Nika Shakarami est l'une des martyres de la répression du régime.

Nika Shakarami, cette adolescente iranienne décédée de manière suspecte lors des manifestations en Iran
©Twitter

Ce soulèvement trouve son origine dans la mort douteuse, le 16 septembre, de Mahsa Amini, 22 ans, qui avait été arrêtée par la police des mœurs iranienne pour infraction au code vestimentaire. Cette république islamique édicte en effet des règles strictes, notamment en matière d'hijab, que la jeune iranienne aurait porté de manière inadéquate.

Depuis, des rassemblements contestataires éclatent un peu partout à travers le pays avec en première ligne la jeunesse et les femmes d'Iran, qui contestent le régime. Ces heurts brutaux avec les autorités ont déjà fait au moins 92 victimes. Parmi elles, la jeune Nika Shakarami dont la mort a été massivement partagée sur les réseaux sociaux.

Cette adolescente de 16 ans a disparu le 21 septembre après qu'elle a participé à une manifestation à Téhéran a indiqué sa tante Atash sur les réseaux sociaux. Sur l'une des vidéos Instagram qu'elle avait partagée, la jeune femme peut être vue brûlant son hijab et chanter en signe de protestation.

Durant plusieurs jours, Nika Shakarami est restée introuvable. Sa famille l'a recherchée désespérément jusqu'à recevoir un appel téléphonique de la police iranienne leur demandant de venir identifier un corps correspondant au signalement.

Les forces de l'ordre se dédouanent de toute implication dans le décès de la manifestante : "Lors de l’autopsie (…), des traces de multiples fractures ont été observées au niveau du bassin, de la tête, des membres supérieurs et inférieurs", a argué mercredi le responsable judiciaire de Téhéran, Mohammad Shahriari. Il a ajouté : "Aucune trace de balle n’a été trouvée"et la nature des blessures montre que la jeune fille "a été projetée d’un endroit situé en hauteur", estimant ainsi que sa mort "n’a rien à voir avec les récents troubles".

Les proches remettent cependant en cause cette version des faits et affirment que la jeune femme a été battue et que les photos qui leur ont été transmises sont une mise en scène.

Selon des sources non officielles au sein des Gardiens de la révolution iraniens cités par la BBC, Nika aurait en réalité été détenue pendant une semaine et envoyée à la prison d'Evin.

Les membres de la famille n'ont été autorisés à voir son corps que le 1er octobre avant qu'elle ne soit enterrée, en leur absence, par les autorités. La BBC et le média Iran Wire affirment que les autorités ont souhaité l'inhumer discrètement pour éviter que ses funérailles ne déclenchent de nouvelles manifestations

Sa tante est désormais également en état d'arrestation.