Israël fustige l'enquête américaine sur la mort de la journaliste Shireen Abu Akleh

L'enquête serait une "erreur", selon le ministre de la Défense israélien Benny Gantz.

(FILES)This undated handout file photo released by the Doha-based Al-Jazeera TV, shows the channel's veteran journalist Shireen Abu Aqleh (Akleh) during one of her reports from Jerusalem. - Israeli Defense Minister Benny Gantz said on November 14, 2022, that he would not cooperate with a US investigation into the shooting death of a Palestinian-American journalist, likely at the hands of an Israeli soldier. (Photo by AL JAZEERA / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / Al-Jazeera" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

Le ministre de la Défense israélien Benny Gantz a qualifié lundi d'"erreur" l'enquête menée aux Etats-Unis sur la mort en mai de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, que l'armée israélienne est accusée d'avoir tuée.

Selon le média américain Politico, la police fédérale (FBI) enquête sur la mort de Shireen Abu Akleh lors d'une opération de l'armée israélienne le 11 mai.

Une décision inhabituelle au vu des relations entre les deux pays, prise après que l'armée israélienne a refusé d'engager des poursuites contre le soldat accusé de l'avoir tuée.

Le FBI a refusé de confirmer ou démentir l'existence de cette enquête, mais le ministre Benny Gantz a indiqué que l'armée n'y coopérerait pas.

"La décision prise par le ministère de la Justice américain de mener une enquête sur la mort tragique de Shireen Abu Akleh est une erreur", a-t-il écrit dans un tweet.

Les forces armées israéliennes ont mené une enquête "indépendante et avec professionnalisme", et en ont partagé les détails avec des responsables américains, a-t-il affirmé.

Equipée d'un gilet pare-balles avec la mention "presse" et d'un casque, la journaliste vedette d'Al Jazeera avait été tuée d'une balle dans la tête alors qu'elle couvrait un raid militaire israélien dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

L'armée israélienne a reconnu pour la première fois en septembre qu'il y avait "une forte possibilité" que la journaliste ait été tuée par l'un de ses soldats.

Le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price, avait souligné à l'époque "l'importance de déterminer les responsabilités dans ce cas", pour éviter qu'un tel drame se répète.

Mais, quelques jours plus tard, le Premier ministre israélien d'alors, Yaïr Lapid, s'était dit opposé à ce que le soldat accusé d'avoir tiré soit poursuivi en justice.

"Une étape importante", selon la famille

La famille de Shireen Abu Akleh a quant à elle estimé mardi que l'ouverture d'une enquête américaine sur sa mort était une "étape importante".

"Il s'agit d'une étape importante pour que des comptes soient rendus et qui conduit notre famille un peu plus près d'une justice pour Shireen", a affirmé la famille de la journaliste dans un communiqué publié sur Twitter, estimant que les autorités américaines avaient une responsabilité d'enquêter "quand un citoyen américain est tué à l'étranger, surtout, comme dans le cas de Shireen, par une armée étrangère".