Syrie: un colonel des Gardiens de la révolution iraniens assassiné près de Damas

Le colonel Davoud Jafari a été tué avec une bombe artisanale en bordure de route près de Damas.

FILE -- People inspect a site damaged by Turkish airstrikes that hit an electricity station in the village of Taql Baql, in Hasakeh province, Syria, Sunday, Nov. 20, 2022. Turkish airstrikes on northern Syria over the weekend that killed and wounded a number of Syrian soldiers could pose a setback to the recent move toward a rapprochement between the two countries after 11 years of tension and hostility. (AP Photo/Baderkhan Ahmad, File)

Un colonel des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, a été tué lundi en Syrie, près de Damas, par une bombe artisanale imputée à Israël, qui se livre depuis des années à une guerre de l'ombre contre Téhéran pour contrer son influence dans la région.

Téhéran, qui appelle régulièrement à l'éradication d'Israël, accuse son ennemi juré de mener des actions de sabotage contre ses sites nucléaires et d'assassiner des personnalités-clés, notamment des scientifiques. Le corps des Gardiens de la Révolution figure aussi sur la liste noire des "organisations terroristes étrangères" des Etats-Unis.

"Le colonel Davoud Jafari, un des conseillers iraniens en Syrie et membre de la force aérospatiale des Gardiens, a été tué (lundi matin) par les associés du régime sioniste (Israël) avec une bombe artisanale en bordure de route près de Damas", a annoncé mercredi l'agence de presse iranienne Tasnim, citant un communiqué des Gardiens.

C'est le plus haut gradé des Gardiens tué en Syrie depuis le 23 août, lorsque Téhéran avait annoncé la "mort en martyr" du général Abolfazl Alijani, membre des forces terrestres des Gardiens alors en mission en Syrie.

Alijani était décrit comme un "défenseur du sanctuaire", un terme utilisé pour désigner ceux qui travaillent pour le compte de l'Iran en Syrie ou en Irak.

Des "conseillers" militaires

Le département aérospatial des Gardiens de la Révolution est spécialisé dans la fabrication des drones, des missiles, des engins balistiques et des satellites.

Le 24 octobre, l'aviation israélienne avait détruit une usine de fabrication de drones iraniens située en territoire syrien lors d'un bombardement.

L'Iran, qui aide le régime syrien de Bachar al-Assad, son allié, dans la guerre ravageant la Syrie depuis 2011, assure ne pas avoir de troupes dans ce pays mais dit que des "conseillers" militaires issus des Gardiens opèrent aux côtés de l'Etat syrien à l'invitation de Damas.

"Sans aucun doute, le régime criminel sioniste recevra la réponse adéquate pour ce crime", a ajouté le texte publié mercredi.

Le 9 novembre, un raid a visé un convoi d'armes et de carburant de milices pro-iraniennes en Syrie, près de la frontière avec l'Irak, faisant au moins 14 morts, selon une ONG syrienne.

Ces dernières années, Israël a mené des frappes aériennes en Syrie, visant des positions du régime ainsi que des forces alliées soutenues par l'Iran et des combattants du mouvement chiite libanais pro-iranien Hezbollah.

Israël, voisin de la Syrie, commente rarement les frappes au cas par cas, mais a reconnu en avoir mené des centaines depuis 2011. L'armée israélienne a assuré que ces frappes étaient nécessaires pour empêcher l'Iran de s'implanter à ses portes.